Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Santé Santé Santé Tribune Marie Bonneau Médecin généraliste Mathilde Chouquet Médecin généraliste Kilian Thomas Médecin généraliste Trois soignants, représentants du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR), expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi la proposition de loi Garot visant à réguler leur installation fait fausse route. Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés En tant que représentants des jeunes médecins généralistes, nous souhaitons manifester notre inquiétude et notre opposition vis-à-vis de la proposition de loi Garot [du nom du député socialiste de la Mayenne Guillaume Garot] visant à réguler l’installation. Cette proposition part du principe que les difficultés d’accès aux soins seraient liées à une mauvaise répartition des médecins, ce qui est faux. Selon l’Assurance-maladie, les médecins généralistes sont la profession de santé la mieux répartie. Le problème actuel tient, en fait, à un déséquilibre entre la demande de soins et l’offre disponible. Cela s’explique par le manque de médecins, du fait des décisions prises de limiter les places de formation sans prendre en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, qui induit le suivi de maladies chroniques complexes nécessitant de multiples consultations annuelles. Les chiffres sont révélateurs : alors que, en 1961, on comptait 20 000 omnipraticiens libéraux (anciens médecins généralistes) pour 45 millions de Français, puis, en 1993, 60 000 médecins généralistes libéraux pour 57 millions de citoyens, en 2026, on n’en est plus qu’à 56 000 médecins généralistes libéraux pour 69 millions d’habitants. En posant mal le problème, les parlementaires vont malheureusement aggraver une situation déjà très difficile et créer de nouveaux freins à l’installation chez nos plus jeunes collègues. En effet, leur proposition implique de ne plus autoriser à s’établir dans les zones classées comme étant les mieux dotées en médecins. Cela peut sembler séduisant sur le papier, mais ces zones que les responsables politiques jugent surdotées n’existent pas : elles correspondent souvent à des aires géographiques où la population croît de manière importante, telles que Lille, Nantes et Rennes, et où on comptabilise parfois jusqu’à 10 % de patients sans médecin traitant. Manque d’action politique Cette proposition ne va faire que détériorer l’accès aux soins dans ces endroits, sans garanties de l’améliorer ailleurs. De fait, il est démontré que, dans des situations de pénurie comme en France, cela ne permet pas de couvrir tous les besoins du territoire. On peut évoquer le cas du Québec, où la régulation ne répond pas à tous les besoins, car le nombre de médecins formés n’y est pas suffisant. Il vous reste 61.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Déserts médicaux : « En posant mal le problème, les parlementaires vont créer de nouveaux freins à l’installation des jeunes médecins »
TRIBUNE. Trois soignants, représentants du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR), expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi la proposition de loi Garot visant à réguler leur installation fait fausse route.











