Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Santé Santé Santé Tribune Collectif Un collectif de citoyens, d’élus et de professionnels de santé dresse le constat, dans une tribune au « Monde », d’une inquiétante dégradation de l’accès aux soins sur une grande partie du territoire et explique les raisons de son soutien à la proposition de loi transpartisane contre les déserts médicaux, qui sera examinée par le Sénat le 11 juin. Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les chiffres sont connus et ne cessent d’augmenter d’année en année : 25,9 millions de patients vivent dans un désert médical, et 6,4 millions n’ont pas de médecin traitant, situation qui perdure au détriment de la mise en place d’une politique de prévention réelle et équitable. En outre, 36 % ont déjà renoncé à se soigner faute de pouvoir obtenir un rendez-vous. A ce sombre tableau s’ajoute le risque d’une médecine à deux vitesses. Le système actuel n’est, en effet, tenable que pour les usagers qui savent le mieux s’adapter, autrement dit qui ont la capacité d’anticiper et de se déplacer toujours plus loin pour se soigner. Par ailleurs, la politique d’installation des médecins repose désormais sur le volontarisme des seules communes qui disposent des moyens à la fois financiers et logistiques de faire venir des médecins et de mettre à leur disposition un cadre de travail adéquat. Le gouvernement n’est pas resté inactif. Le numerus clausus a été remplacé, la délégation de compétences encouragée et la 4e année de médecine générale réformée en permettant aux étudiants d’exercer dans un désert médical. Cependant, toutes ces mesures masquent un constat. Le problème ne concerne pas uniquement le volume de médecins disponibles et d’heures de consultation médicale, de temps médical utile ou de moyens d’exercice. Il renvoie à une inégalité croissante en matière de répartition territoriale des médecins, que l’arrivée de la génération 2030 d’étudiants en médecine ne parviendra pas, à elle seule, à endiguer. C’est dans ce contexte que nous appelons à une politique d’Etat plus volontariste qui oriente les nouvelles installations. A cet égard, la proposition de loi transpartisane contre les déserts médicaux du député Guillaume Garot [Mayenne, Parti socialiste], qui sera examinée par le Sénat, jeudi 11 juin, constitue une voie d’avenir, en suggérant un cadre inédit pour organiser la profession. Elle instaure le principe de non-installation d’un nouveau médecin en zone suffisamment dotée, sauf en cas de départ à la retraite d’un praticien en activité. Ce principe, déjà appliqué à l’ensemble des autres professionnels de santé, vise à encourager les nouvelles installations sur l’immense majorité du territoire qui souffre de désertification médicale. La répartition territoriale des nouveaux médecins sera plus cohérente et pourra être mieux anticipée. Il vous reste 55.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.