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e suis médecin généraliste et j’ai 30 ans. Ma courte expérience professionnelle, mais longue d’étudiante (sur les bancs de médecine à 17 ans), à l’hôpital et en cabinet, m’a confrontée quotidiennement aux conséquences du manque de médecins traitants : des patients aux urgences pour des complications évitables, des soins post-hospitalisation aléatoires en l’absence de suivi rapproché, des demandes chaque jour pour trouver un médecin traitant… Tout cela à Paris.

Manifestation de médecins et d’étudiants en médecine à Paris, le 29 avril 2025. THOMAS SAMSON / AFP

Face à l’urgence sanitaire, le projet de loi Garot à l’Assemblée nationale [un autre projet de loi, aux préconisations différentes, vient d’être voté au Sénat] vise à contraindre les médecins à s’installer dans des zones sous-dotées. Cela semble séduisant sur le papier : il s’agit de se saisir d’une ressource en pénurie, les médecins, et de les étaler un peu partout. Or si le médecin choisit de s’installer, c’est qu’il y a du travail, donc des patients.

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