Le phénomène de la violence armée chez les jeunes dépasse largement les frontières des établissements scolaires, mais même lorsque les événements surviennent dans les lieux publics en périphérie, les directions d’école sont interpellées. Et les parents, eux, tombent des nues.« Madame, Madame, il y a eu du beef au McDo. » C’est le genre de phrase que le personnel scolaire va entendre à la suite d’un événement violent qui a marqué les jeunes, illustre Priscilla Côté, coordonnatrice au service des ressources éducatives du centre de services scolaire (CSS) Marguerite-Bourgeoys. « S’ils nous parlent de ça, on ne peut pas juste dire : “Ça s’est passé au McDo, on ne s’en occupera pas.” On est un milieu de vie, donc à partir du moment où ça rentre dans l’école, que ça se discute, c’est que ça a eu peut-être un impact sur la sécurité de certains élèves. »L’information peut aussi provenir des policiers, qui n’hésitent pas à communiquer avec les directions d’école. Dans certains cas, dont au CSS de Montréal, cela se fait de façon systématique en vertu d’un protocole d’entente, explique sa directrice générale adjointe, Kathlyn Morel. « Je vous donne un exemple récent : deux jeunes s’en vont dans un centre commercial près d’une école secondaire [sur l’heure du midi]. Un jeune sort une arme et les citoyens appellent le 911. La police intervient, saisit l’arme-jouet et, automatiquement, le réflexe de la police, c’est d’appeler à l’école. »