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EntretienDans son ouvrage « L’Epreuve de l’invisible », l’anthropologue s’intéresse à la manière dont les stages spirituels organisés autour de ce psychédélique bouleversent le rapport à la modernité des voyageurs qui l’expérimentent.
David Dupuis a mis longtemps à écrire L’Epreuve de l’invisible. Carnets d’anthropologie psychédélique (Seuil, 272 pages, 22,50 euros). Dix ans, depuis sa thèse, menée sous la direction de l’anthropologue Philippe Descola, et soutenue en 2016. Le temps, avance cet anthropologue et psychologue aujourd’hui rattaché à l’Inserm, de mettre en narration les résultats d’une enquête singulière menée dans l’Amazonie péruvienne à partir de la fin des années 2000. S’intéressant aux stages chamaniques autour de l’ayahuasca, ce travail tente de comprendre ce que le célèbre breuvage végétal aux propriétés visionnaires bouleverse chez les Européens qui en font l’expérience.
Arrivé à Paris pour étudier, dans les années 2000, j’ai été très marqué par le récit de personnes revenues du Pérou, où elles étaient parties en quête de l’ayahuasca. Ce terme désigne un breuvage psychotrope utilisé de longue date dans les chamanismes d’Amazonie occidentale à des fins thérapeutiques, divinatoires, initiatiques et de communication avec les esprits. L’intérêt des Occidentaux pour ces pratiques naît dès les années 1950, dans le sillage de la contre-culture américaine, puis se massifie et se fixe en Amazonie péruvienne à partir des années 1990.













