Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Culture Culture Culture La présentation au Festival de Cannes de « Sanguine », de Marion Le Corroller, illustre le retour en force de ce sous-genre de l’horreur qui, en déformant les corps et en triturant les chairs, propose un contre-récit émancipateur, notamment face aux nouveaux diktats de la beauté. Article réservé aux abonnés Alors qu’il sert frites et burgers à la chaîne, les yeux d’un serveur en tablier rouge s’injectent de sang. Emporté par un brusque torrent de rage, il roue de coups un client du fast-food avant de se fracasser la tête contre la caisse enregistreuse… Voilà les premières images du film Sanguine, dévoilées en mai dans une savoureuse bande-annonce. Présenté lors des séances de minuit du Festival de Cannes, le premier long-métrage de Marion Le Corroller, dans lequel une jeune femme commence son internat de médecine au service des urgences, promet de nous montrer de bien étranges mutations corporelles. Des organes qui enflent, des membres qui suintent ou se plient selon des angles curieux. Des peaux qui se couvrent d’écailles et de pustules, où morceaux de métal et fils électriques s’entremêlent… Bienvenue dans le monde du body horror, ou « horreur corporelle », sous-genre de l’horreur, dont les livres s’arrachent en librairie comme des dents malades et dont les films envahissent les salles de cinéma, avec l’entrain désordonné de zombies de fin du monde. A l’écran, la déformation et la dégradation du corps racontent soubresauts psychologiques, traumatismes et dysphorie de genre, mais aussi – et c’est la raison pour laquelle le genre revient en force depuis quelques années – la révolte sourde contre la poussée réactionnaire et les excès du capitalisme. Il vous reste 86.95% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.