En matière d’art comme de mode, certains choix et comportements reviennent à exercer une violence symbolique. Trois podcasts pour y voir plus clair. Porter du wax ? Oui, mais c’est mieux si l’on connaît son histoire. Photo Daniel Thierry/Photononstop Par Chloé Boyer Publié le 07 juin 2026 à 09h00 Picasso et l’appropriation culturelle Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, un « item africain » ne devenait « objet d’art » que lorsqu’il intéressait des artistes français. Dans cet épisode de la série Picasso aujourd’hui avec Françoise Vergès, politologue et grande militante décoloniale féministe, on explore d’un regard neuf, nuancé et pertinent l’héritage laissé par le peintre, qui découvrit en 1907 des œuvres africaines du musée ethnographique du Trocadéro. S’il les célébra et les réutilisa comme des « témoins de traditions ancestrales », sa démarche n’échappa pas à une logique coloniale. Appropriation culturelle, le racisme l’air de rien « Ce n’est pas tant que tu portes du wax ou des dreadlocks en tant que Blanc qui me dérange, c’est que tu le fasses pour l’esthétique, sans te questionner sur la provenance de ces traditions, et donc sur la violence symbolique que tu exerces par ton indifférence. » Voilà la logique que déroule cet épisode Kiffe ta race, podcast de vulgarisation et d’éducation décoloniale et antiraciste, qui suggère ici quelques réflexions à avoir lorsque l’on porte les habits d’autres cultures. Et ce, comme à son habitude, avec humour et à grand renfort d’anecdotes. À lire aussi : Podcast : sur Binge Audio, “Kiffe ta race” remonte aux origines des origines Une histoire de la mode au XXᵉ siècle Dans Au cœur de la mode, l’expert du secteur Loïc Prigent reçoit Khémaïs Ben Lakhdar, historien spécialiste de l’appropriation culturelle, ou plutôt couturière, à l’œuvre dans la mode parisienne au tournant du XXᵉ siècle. Dans cet épisode entre initiés, rendu accessible par d’illustres exemples et une bonne dose d’ironie, ils démythifient les Paul Poiret — qui « fit du monde son moodboard » en piochant sans vergogne dans les broderies traditionnelles —, et autres Yves Saint-Laurent — qui, lui, s’inspira du monde sans même se déplacer. À lire aussi : “Je ne suis pas raciste, mais”, sur Slate : un podcast stimulant pour décortiquer des mécanismes insidieux Radio & Podcasts France Culture Podcasts Trois podcasts sur… Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
Qu’est-ce que l’appropriation culturelle ? Trois podcasts pour aider à comprendre
En matière d’art comme de mode, certains choix et comportements reviennent à exercer une violence symbolique. Trois podcasts pour y voir plus clair.
Picasso, Poiret et YSL ont pratiqué l'appropriation culturelle sans interroger la violence symbolique; trois podcasts décortiquent ces mécanismes. Pour consommer l'art d'autres cultures, la conscientisation de leur contexte est cruciale pour éviter une domination inconsciente.












