Comment Jérôme Barella a-t-il pu passer aussi longtemps sous les radars ? C'est la question qui secoue désormais la justice et enflamme le débat politique après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Car si l'enquête est désormais ouverte pour enlèvement, séquestration et meurtre d'une mineure de moins de 15 ans, ce sont surtout les révélations successives sur le passé du principal suspect qui ont fait basculer l'affaire dans une autre dimension.

Signalement dès 2017, licenciement en 2021 après un comportement jugé inapproprié envers une lycéenne, plainte pour viol sur mineure classée sans suite, enquête toujours en cours après une nouvelle plainte déposée en 2025, puis nouvelles accusations apparues ces derniers jours : au fil de la semaine, le portrait de Jérôme Barella s'est considérablement alourdi. Au point de faire émerger une autre question, au-delà même des circonstances de la mort de Lyhanna : comment un homme visé par autant d'alertes a-t-il pu ne jamais être placé en garde à vue avant la disparition de la collégienne ?

De la Chancellerie à l'Élysée, cette interrogation est devenue centrale. Gérald Darmanin évoque désormais un 'immense échec' et promet des sanctions si des fautes sont établies. Emmanuel Macron réclame que toutes les responsabilités soient recherchées. Face à eux, procureurs et syndicats de magistrats dénoncent des dysfonctionnements structurels connus depuis des années. En quelques jours, l'affaire Lyhanna s'est transformée en affaire d'État.