Publié le 05/06/2026 13:46

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Le drame de la disparition de Lyhanna, dans le Gers, prend une tournure politique, compte tenu du profil du suspect et des dysfonctionnements de la justice dans cette affaire. Malgré plusieurs plaintes, Jérôme Barella, père de famille âgé de 41 ans, semble n'avoir jamais été inquiété. Une réunion de crise a eu lieu dans la matinée ce vendredi 5 juin, à Matignon.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.L'indignation et l'incompréhension des habitants de Fleurance, dans le Gers, ce matin. Pourquoi Jérôme Barella, le principal suspect dans l'affaire de la disparition de Lyhanna, était-il toujours en liberté ? "Ce mec, il était connu. Il a touché plein de petites filles. Pourquoi il a fallu en arriver là ? Je ne comprends pas qu'ils n'aient rien fait avant, quoi", interroge une habitante. Depuis une semaine, les habitants vivent au rythme des révélations sur le profil inquiétant de l'homme de 41 ans. Il avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes, notamment pour viols sur mineure en 2025. Neuf mois après, le suspect n'avait pas été entendu. "Il recommence encore, j'espère que ce sera la dernière fois", commente un homme. "Elle est tombée dans les filets d'un prédateur sexuel qui aurait dû être enfermé et qui n'aurait pas dû être en liberté. C'est inadmissible", déplore une riveraine.À quel niveau se situent les dysfonctionnements dans l'enquête ? Ce matin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni les ministres de la Justice et de l'Intérieur pour évoquer les éventuelles failles dans le traitement des plaintes. "Vous ne pouvez faire qu'un constat d'échec quand l'appareil judiciaire n'arrive pas à protéger une enfant et qu'on en arrive à cette situation-là. Donc, c'est ce constat d'échec collectif qu'a acté hier le ministre et donc il faut en tirer les conséquences", a concédé, sur franceinfo, Sacha Straub Kahn, porte-parole du ministère de la Justice.Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a convoqué tous les procureurs généraux lundi matin. De son côté, la direction de la gendarmerie nationale a exigé, dans un document interne transmis à toutes les unités, un état des lieux urgent. "Il vous est demandé d'établir dans les plus brefs délais (…) un état des procédures en cours de viols et agressions sexuelles sur mineurs et de vous assurer de leur suivi."Le gouvernement a annoncé une enquête administrative. Le rapport sur d'éventuels dysfonctionnements sera rendu public.