Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Culture Culture Culture Chronique Michel Guerrin Rédacteur en chef au « Monde » A condition de respecter la loi et quelques règles de vie commune, les deux formats festifs devraient pouvoir exister, remarque, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 05h46 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés A ma gauche, la free-party, fiesta dansante portée par des milliers de jeunes se donnant rendez-vous en un lieu secret, dans la nature ou dans un entrepôt, durant un week-end. A ma droite, le Canon français, banquet monstre et franchouillard où les convives portant bretelles et béret se sustentent de cochonnailles et de vin rouge, chantent et dansent sur des tubes de Sardou ou de Johnny. Une France cosmopolite, l’autre de terroir. Bannière arc-en-ciel contre drapeau français. Rien à voir, donc. Mais deux façons de se retrouver dans un entre-soi rassurant. Ces deux communautés sont menacées. Interdire la fête ? C’est le signe que la France ne va pas fort. Avec l’été qui pointe, les free-parties vont fleurir partout et les gendarmes seront sur les dents. Dès qu’un Canon s’annonce, à Bergerac (Dordogne) ou Albi, les esprits s’échauffent entre les pour et les contre. Il suffit que la maire (Parti socialiste) de Quimper, Isabelle Assih, annule celui du 5 décembre pour se voir insultée de façon inouïe sur les réseaux sociaux. Beaucoup d’élus de gauche, « insoumis » en tête, relayés par des pétitions, appellent à interdire ces banquets géants au motif qu’ils seraient un outil de la « bataille culturelle » pour installer le Rassemblement national (RN) au pouvoir. On y entendrait des propos racistes, antisémites, sexistes ; le festin de 4 000 couverts dressé le 18 avril au Parc des expositions à Caen est souvent pointé du doigt. Que le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin finance le Canon serait un autre signe. Le 10 novembre 2025, le site d’information Blast, pas vraiment marqué à droite, raconte de l’intérieur un Canon breton dans un château près de Rennes. Cinq heures viandardes, trois Marseillaise entonnées. C’est gaillard sans être un meeting de Jordan Bardella. L’immense majorité veut passer un bon moment. Le problème est dans le non-dit : magnifier une France du cochon en broche invite à en dénigrer une autre, celle du poulet grillé halal, produit phare de la chaîne Master Poulet, défendue par La France insoumise. Il vous reste 65.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.