Selon la nouvelle formule du Concours musical international de Montréal (CMIM), cinq finalistes se mesuraient, mercredi, dans un concerto de Mozart, filtre ramenant à trois le nombre d’élus pour la grande finale de jeudi. Le moins que l’on puisse dire est que cette nouvelle épreuve a décanté les choses avec une clarté on ne peut plus absolue… sauf aux oreilles du jury.Il était 21 h 48, pour une soirée commencée à 19 h 30, lorsque nous avons enfin entendu du Mozart. Enfin plutôt 21 h 50, car le chef Sascha Goetzel, qui avait pourtant travaillé en répétition avec mademoiselle Bade Dastan, 19 ans, représentante de la Belgique et de la Turquie et étudiante à l’Institut Curtis de Philadelphie, nous a moulinés une introduction de 4e Concerto pépère et convenue, comme la musique entendue précédemment.Heureusement, Bade Dastan, dès son entrée en matière, a bousculé les choses, mis de l’élan dans les phrases. Elle a été la seule des cinq candidats en lice à se rendre compte que Mozart avait moins de 20 ans lorsqu’il a composé ses Concertos pour violon. La jeune violoniste a également su rehausser son niveau par rapport à la demi-finale avec une excellente constance de qualité, tirant par ailleurs le meilleur parti de son instrument, un Nicolò Gagliano de 1732.StyleLe reste de la soirée on a entendu, sur le plan stylistique, du simili-Arthur Grumiaux. Il n’y a rien de mal a priori. Nous sommes aussi de grands admirateurs de Grumiaux. Mais le fameux mozartien belge avait la quarantaine quand il a enregistré ces concertos entre 1961 et 1964, alors que nous sommes en 2026, qu’il y a eu le mouvement baroque entretemps et que tous ces jeunes gens sont dans la vingtaine !Dans cette obédience passéiste, il y a eu une réussite magistrale, voire sublime, celle de la Japonaise Sara Watanabe, une forme de perfection, à la fois instrumentale et musicale, dans la manière de conduire et de respirer les phrases. C’était tempéré et romantique, mais d’une finesse extrême et d’une beauté sonore à couper le souffle. On rappelle que mademoiselle Watanabe, 21 ans, a l’usage d’un Carlo Giuseppe Testore de 1690.
Mozart, juge suprême mais ignoré du concours «Violon 2026»
La soirée Mozart a totalement décanté le concours musical, mais le jury n’en a pas tenu compte.











