Le Concours musical international de Montréal débute mercredi. Pour cette édition 2026, consacrée au violon, des changements subtils sont susceptibles d’avoir des incidences fort intéressantes dans la quête non pas du plus brillant technicien, mais du musicien le plus accompli.Sous la direction commune de Chantal Poulin et de Shira Gilbert, le Concours musical international de Montréal (CMIM) a l’air de filer un bon coton. Peu de bla-bla, mais de pertinents résultats. Directrice générale et directrice artistique prennent à bras-le-corps les divers problèmes qui peuvent jeter une ombre sur une compétition.Le plus important est le risque de laisser échapper un candidat intéressant en phase de présélection. Il est facile pour quelqu’un d’aguerri, de parfaitement formaté, spécialiste des concours, qu’il écume par ailleurs, de s’imposer face à un nouveau venu dans le système ou à un artiste doté d’une personnalité musicale plus clivante.« Cette année, après consultation de Lucie Robert, notre présidente du jury, nous avons fait une présélection en deux étapes. Il y a eu après la première étape les “oui” et les “non” évidents. Et il y avait le groupe des “peut-être”, qui incluaient, par exemple, des candidats qui suscitaient des commentaires très divergents. Souvent, ces gens-là, qui ne font pas l’unanimité, ce sont ceux qui ont l’âme artistique la plus forte », nous dit Shira Gilbert. « Le système mis en place cette année permettait de les inclure dans une deuxième épreuve. »Ce sont donc 72 dossiers parmi les 250 candidatures qui sont passés par un second filtre de trois juges. « Nous avons beaucoup aimé cette façon de faire, parce que, finalement, pour ces 72 violonistes, nous avons eu six personnes qui ont mis des notes et des commentaires. Donc, nous avons eu beaucoup d’informations », souligne Chantal Poulin. La méthode est innovante et astucieuse ; seul le nombre de places attribuables à ce groupe est un secret bien gardé.Le filtre MozartLa seconde grande nouveauté est l’entonnoir final qui mènera au lauréat. Au lieu d’avoir six finalistes et deux soirées de grands concertos romantiques, le premier tour qualifiera 10 candidats (plutôt que 12) parmi les 24 candidats. La demi-finale des 30 et 31 mai révélera 5 finalistes qui, le 3 mai, joueront tous (c’est une nouveauté) un concerto de Mozart.Cette soirée Mozart révélera trois grands finalistes départagés le lendemain par un grand concerto du répertoire. « Ils vont faire Bach au premier tour. Après ça, en demi-finale, ils jouent les grandes sonates et l’œuvre canadienne. Puis Mozart et les grands concertos. Comme cumulatif, évidemment, celui qui sera désigné lauréat aura, c’est le cas de le dire, le plus de cordes à son arc », nous dit Chantal Poulin.La mise au ban internationale du Concours Tchaïkovski et le fait que le Concours Reine Élisabeth soit consacré au violoncelle cette année aide le CMIM, mais pas plus que cela, à avoir la crème des candidats. « Le Concours de Montréal, dès le début de sa fondation, a été bien pensé et continue, d’année en année, à bien se positionner. Même si c’est un secret bien gardé à Montréal, le CMIM figure parmi les grands concours à l’échelle internationale », affirme Chantal Poulin.Shira Gilbert en veut pour preuve que le Concours international de violon Michael Hill en Nouvelle-Zélande, aux mêmes dates, n’est pas entré en conflit avec la manifestation montréalaise : « Un voyage gratuit en Nouvelle-Zélande, c’est très attirant. Mais, finalement, on a vu leur liste de concurrents et on n’a pas eu de recoupements. Nous nous sommes coordonnés avec le concours néo-zélandais pour être sûrs que des candidats n’attendent pas les résultats de l’autre compétition pour se décider. Mais tous ceux que nous avons invités ont accepté Montréal. »Alors que l’âge des candidats des compétitions internationales tend à augmenter, la palette montréalaise de 2026 sera très large. « C’est intéressant, parce que nous avons des candidats de 17 à 31 ans cette année », nous dit Chantal Poulin. « Oui, deux jeunes garçons de 17 ans. On fermerait les yeux, on aurait de la difficulté à le dire, parce qu’ils arrivent avec une telle maturité », souligne Shira Gilbert, qui imagine déjà un casse-tête pour le jury.Le suspense débutera mercredi à 13 h 30 à la salle Bourgie. Les deux soirées de finale se tiendront les 3 et 4 juin à la Maison symphonique.
Le CMIM, un concours habilement reformaté
Le Concours musical international de Montréal évolue par petites touches.









