Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Justice Justice Justice Dans « La Violence en spectacle », Elsa Deck Marsault regrette le tournant carcéral pris par le féminisme dans les années 1970 pour lutter contre les violences sexuelles. Elle prône une justice moins centrée sur la répression des agressions que vers les besoins des victimes. Article réservé aux abonnés Livre. « Vingt ans pour chacun ! », proclamait, en novembre 2024, une banderole rédigée par des collectifs féministes et déployée devant le tribunal d’Avignon lors du procès des viols de Mazan. Cette inscription est le témoin d’un large ralliement du féminisme à l’idée que l’enfermement constitue une punition juste, utile et légitime. Mais peut-on vraiment, « en tant que militantes d’un mouvement progressiste, penser que condamner des gens à vingt ans de réclusion criminelle dans les conditions actuelles constitue une avancée sociale enviable et satisfaisante » ? C’est la passionnante question qu’explore Elsa Deck Marsault dans son nouvel ouvrage, La Violence en spectacle. Féminisme, Etat punitif et figure de la victime (La Fabrique, 160 pages, 14 euros). La militante et essayiste y retrace la généalogie, depuis les années 1960, des liens entre théorie féministe et recours à la justice pénale. Si le féminisme dit « radical » a d’abord fait la part belle aux positions anti-autoritaires et anticarcérales, d’autres courants moins favorables à ces idées ne tardent pas, au début des années 1970, à se faire jour, au point que c’est finalement le « féminisme carcéral » qui sort victorieux de cette décennie de débats théoriques. Il vous reste 56.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.