Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement YANN LEGENDRE Débats Débats Débats Violences sexuelles Violences sexuelles Violences sexuelles Propos recueillis par Marion Dupont Publié le 13 mai 2026 à 16h03, modifié le 14 mai 2026 à 14h05 Article réservé aux abonnés EntretienDans un entretien au « Monde », la documentariste estime que les violences sexuelles doivent être considérées comme la résultante d’injustices structurelles, qui demandent une transformation de la société tout entière. Neuf ans après la déferlante MeToo, le scandale impliquant des animateurs du périscolaire parisien, l’affaire des viols de Lucenay (Rhône) et la publication de deux témoignages – Clément (Le Cherche-Midi, 400 pages, 22 euros), de Romain Lemire, et Derrière les arbres (Flammarion, 336 pages, 21,50 euros), de Frédéric Pommier – remettent aujourd’hui au centre du débat public la question des violences sexuelles commises sur les enfants. Pour Le Monde, la chercheuse et documentariste Marie Chartron, autrice de Penser les violences sexuelles (La Découverte, 2025), revient sur la difficile théorisation des violences sexuelles et sur le rôle joué par cet impensé dans la perpétuation d’un phénomène qui touche tous les pans de la société. Dans l’affaire des viols de Lucenay, comme dans les témoignages de Romain Lemire et de Frédéric Pommier, les victimes de violences sexuelles sont des petits garçons. Pourquoi cette question spécifique a-t-elle mis plus de temps à s’imposer dans le débat public que celle des violences commises contre des femmes et des filles ? Il est vrai que, malgré la forte médiatisation des victimes de violences sexuelles dans l’Eglise, dont la plupart étaient de genre masculin, celles faites aux garçons ont tendance, encore aujourd’hui, à être invisibilisées. Elles restent socialement impensées. Cela s’explique d’abord par le fait que, historiquement, les violences sexuelles ont été thématisées dans l’espace public comme des violences dont les victimes sont soit des femmes, soit des enfants, ces derniers étant envisagés de façon non genrée. Les victimes masculines ou issues de minorités sexuelles et de genre ont donc parfois du mal à identifier et faire reconnaître leur vécu comme une situation de violence. Il vous reste 83.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.