Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Budget 2026 Budget 2026 Budget 2026 Chronique Béatrice Madeline Journaliste au service Economie Au moment où la conjoncture se durcit, le gouvernement Lecornu devrait ​regretter les marges de manœuvre budgétaires que la sous-estimation de la croissance a invisibilisées, constate, dans sa chronique, Béatrice Madeline, journaliste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 13h40 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Les indicateurs conjoncturels ont ceci de commun avec la peinture que, pour en saisir toute la portée, mieux vaut faire quelques pas de recul. La révision des comptes nationaux des années 2023 à 2025, publiée vendredi 29 mai par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), jette une lumière nouvelle sur le tableau, a priori plutôt sombre, de la trajectoire de l’économie française depuis 2022. A l’issue de ces révisions – qui se font en plusieurs étapes –, l’activité économique en 2023 et en 2024 s’avère avoir été bien meilleure que ce que l’on pensait. Pour 2023, la révision est loin d’être anodine : d’un petit 0,9 % lors de la première estimation en mars 2024, la croissance a gagné un point et passe à 1,6 % (et même à 1,9 % après correction des jours ouvrés, selon les calculs de l’institut économique Rexecode). En 2024, elle passe de 1,1 %, selon la première estimation, à 1,5 % (mais à 1,4 % en tenant compte des jours ouvrés). Il y a deux explications à cette amélioration inespérée : les entreprises ont investi bien plus que ce que disaient les premiers indicateurs, et l’industrie manufacturière a accéléré sa part dans le produit intérieur brut (PIB), repassant la barre des 10 %. Cette dynamique pouvait d’ailleurs se percevoir sur le terrain, à travers la bonne santé de nombre d’entreprises – ce qui n’exclut pas que des secteurs comme le commerce soient en difficulté – et l’exubérance des marchés financiers. Une bonne nouvelle pouvant en cacher une autre, cette activité économique plus soutenue que prévu conduit également à reconsidérer d’un œil plus favorable l’évolution de la productivité. Alors que les premières mesures pouvaient laisser penser qu’elle avait chuté de 5,5 points depuis la crise sanitaire du Covid-19, le recul a été ramené à 4,3 points. La France, qui était donc le mauvais élève de l’Europe, recolle au peloton, puisqu’il semblerait que nos principaux voisins aient vu leurs pertes de productivité s’accélérer sur la période récente. Il vous reste 50.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.