Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Justice Justice Justice Tribune Vincent Brengarth Avocat au barreau de Paris Dans une tribune au « Monde », l’avocat Vincent Brengarth s’inquiète, dans le cadre des interpellations consécutives à la victoire du Paris Saint-Germain, de la multiplication d’une procédure fréquemment décriée par les praticiens du droit pénal. Publié aujourd’hui à 11h56 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Le déroulement des festivités autour de la victoire du PSG en Ligue des champions, le 30 mai, a suscité une attente assez malsaine sur l’intensité des heurts à venir. Les dispositifs de maintien de l’ordre, les risques d’émeutes ou encore les vitrines potentiellement brisées occupaient déjà une place centrale dans les commentaires. Prophétie quasi autoréalisatrice, ces heurts n’ont pas manqué de survenir, engloutissant médiatiquement une partie substantielle de la dimension positive de l’événement. Il est désormais rare que de telles victoires ne s’accompagnent pas de violences, aussi parce que nous ne questionnons plus suffisamment leurs causes, privilégiant une mécanique répressive galvanisée par la course présidentielle qui se prépare. Selon les chiffres communiqués par le premier ministre, Sébastien Lecornu, le 2 juin, concernant les personnes interpellées, on compte 98 % d’hommes, « un tiers » de mineurs, « 85 % de Français » et des récidivistes « minoritaires ». Face à ces statistiques qui battent en brèche l’idée répandue selon laquelle ces faits seraient principalement commis par des récidivistes, la mécanique froide de la comparution immédiate s’abat. Peu de compréhension, beaucoup de punitions, en troisième vitesse. Dans un contexte de forte exposition médiatique, la rapidité de la réponse pénale devient elle-même un message politique. Il faut montrer que l’Etat agit, que la sanction suit immédiatement la transgression, que l’ordre est rétabli. Mais la justice n’est pas seulement un instrument de démonstration de l’autorité publique. Décriée depuis des années par les praticiens du droit pénal, la comparution immédiate permet au ministère public de saisir le tribunal correctionnel pour des affaires flagrantes ou en état d’être jugées dès lors que les charges retenues apparaissent suffisantes. Le prévenu peut alors être jugé le jour même. Cette procédure porte une atteinte substantielle aux droits de la défense. Il vous reste 70.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.