Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Patrimoine Patrimoine Patrimoine Tribune Nicolas Matyjasik Directeur général du chantier patrimonial Suivez la flèche Dans une tribune au « Monde », Nicolas Matyjasik, directeur général du chantier de reconstruction de la tour et de la flèche nord de la basilique cathédrale Saint-Denis, s’insurge contre les insultes racistes dont le créateur de contenus Amine le Conquérant a récemment été la cible. Publié aujourd’hui à 10h47 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le créateur de contenus Amine Kassid, alias Amine le Conquérant, partage sur les réseaux sociaux sa passion pour les châteaux, les cathédrales et l’histoire de France. Par la qualité de son regard, il possède une capacité à toucher des publics que les institutions culturelles peinent à atteindre. C’est pour cela que nous l’avons contacté pour collaborer avec la Fabrique de la Flèche, le chantier visitable de la reconstruction de la tour et de la flèche nord de la basilique cathédrale Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Pas pour surfer sur une tendance, mais parce que ce qu’il fait est exactement ce que nous cherchons à construire : une relation vivante entre des héritages anciens et des publics qui ne se reconnaissent pas encore en eux. Depuis, en raison de son travail, Amine Kassid a reçu des insultes et des menaces racistes. C’est inadmissible. Pas simplement choquant, pas simplement regrettable, inadmissible. Qu’un jeune homme passionné par l’histoire de France soit pris pour cible en raison de ses origines, au motif qu’il n’aurait pas le droit de parler de ce pays, dit quelque chose de profondément honteux sur une partie de ceux qui prétendent défendre le patrimoine national. On ne défend pas un héritage commun en en chassant les héritiers. On le trahit. Nous tenons à le dire clairement, depuis un chantier qui reconstruit pierre par pierre une basilique royale au cœur d’une ville populaire et diverse : Amine Kassid a toute sa place dans cette histoire. Celles et ceux qui le lui contestent n’ont pas compris de quelle histoire il s’agit. Ces réactions traduisent pourtant quelque chose de plus profond qu’une violence individuelle. Car derrière la question apparemment simple de savoir qui parle de notre patrimoine se cache celle, plus fondamentale encore, de savoir qui est légitime à le faire. Frontière invisible tenace Il vous reste 68.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.