Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Pédocriminalité Pédocriminalité Pédocriminalité Tribune Collectif Dans une tribune au « Monde », un collectif d’élus et de représentants d’associations lance une alerte sur le nouveau visage de la cyberpédocriminalité et sur l’urgence d’adapter le droit en conséquence, notamment en créant une infraction spécifique visant la production de contenus pédocriminels générés par intelligence artificielle. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés En 2022, à l’occasion du Forum de Paris sur la paix, Emmanuel Macron a réuni à l’Elysée les grandes plateformes et des ONG afin de lancer un « laboratoire pour la protection de l’enfance en ligne ». Il interpella publiquement sur Twitter Elon Musk, qui venait d’acquérir le réseau social et ne l’avait pas encore transformé en X : « L’oiseau [en référence au logo de Twitter] protégera-t-il nos enfants ? » « Absolument », lui répondit le milliardaire. Pourtant, quatre ans plus tard, c’est comme si rien n’avait changé. La justice française a depuis ouvert une enquête sur le réseau X, élargie en janvier à une possible complicité de détention et de diffusion d’images pédopornographiques en bande organisée et à la génération de contenus à caractère sexistes et sexuels générés par l’intelligence artificielle via le chatbot Grok. Le 20 avril, Elon Musk ne s’est pas présenté à sa convocation devant le parquet de Paris. Cette affaire met en lumière ce que nous – défenseuses et défenseurs des droits des enfants dans l’espace numérique – dénonçons depuis plusieurs années. Les grandes plateformes numériques sont devenues, en l’absence de toute contrainte réelle, des espaces organisés de prédation contre les mineurs. Plus de 180 000 signalements en France en 2025 En 2025, on a dénombré 21,3 millions de signalements dans le monde, selon le National Center for Missing & Exploited Children, et plus de 180 000 en France, selon l’Office mineurs (Ofmin) de la police judiciaire ; 180 000 enfants filmés, photographiés, traqués, abusés. 493 par jour. Un enfant toutes les trois minutes. La pédocriminalité n’est plus seulement l’affaire de prédateurs isolés. Le phénomène est désormais structuré en véritable communauté, industrialisée, transnationale et algorithmiquement amplifiée. Pire, le détournement de l’intelligence artificielle générative fait exploser le volume de contenus pédocriminels de manière exponentielle. La diffusion de ces contenus alimente un marché, normalise la représentation des abus, et encourage les passages à l’acte. Dans au moins 40 % des affaires recensées, la consommation de ces contenus a précédé un passage à l’acte, selon l’Ofmin. Il vous reste 63.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.