Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Violences sexuelles Violences sexuelles Violences sexuelles Tribune Antoine Pelissolo Professeur de psychiatrie Dans une tribune au « Monde », le médecin estime nécessaire de prévenir les passages à l’acte, ce qui suppose de lever un « tabou anthropologique majeur », concernant une pathologie pulsionnelle qui n’est pas si marginale. Publié aujourd’hui à 12h00, modifié à 15h26 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Chaque nouvelle affaire de violences sexuelles sur enfants suscite la même émotion, et les révélations se multiplient dans les familles, dans les écoles, dans tous les lieux collectifs. Puis viennent les mêmes engagements, comme ceux, tout à fait louables, de la proposition de loi visant à garantir l’information et la protection effective des victimes de violences sexuelles, adoptée à l’Assemblée le mardi 12 mai, et qui vise à mieux écouter les victimes, améliorer les signalements, renforcer les sanctions. Ces exigences sont cruciales et il faut continuer à les porter. Seulement, elles laissent encore trop dans l’ombre une question centrale, peut-être la plus dérangeante de toutes : qui sont les auteurs, et pourquoi notre société refuse-t-elle encore de penser leur existence comme un enjeu anthropologique et donc politique essentiel ? La libération progressive de la parole des victimes, parfois des années ou des décennies plus tard, est déterminante, et il faut qu’elle se poursuive. Nous avons commencé collectivement à comprendre une partie de l’ampleur des traumatismes psychiques, somatiques et sociaux provoqués par les violences sexuelles dans l’enfance. Troubles psychiatriques, addictions, conduites suicidaires, souffrances psychoaffectives, maladies chroniques, la liste est longue des dégâts que, cliniciens, nous constatons tous les jours chez nos patients. Les victimes doivent être protégées, reconnues et soignées, c’est une évidence. Récurrence et omniprésence Mais une société qui n’envisage pas lucidement la question des auteurs reste dans une logique de réparation et non de prévention réelle. Les violences sexuelles sur mineurs, qui concernent chaque année 160 000 enfants en France, aussi inconcevables soient-elles, ont une telle récurrence et omniprésence qu’elles doivent nous interroger autrement. Les pédocriminels sont souvent des hommes bien insérés socialement, pères de famille, éducateurs, de tous les milieux sociaux. Des hommes qui correspondent rarement aux figures monstrueuses que l’imaginaire collectif préfère convoquer pour tenir le problème à distance de soi. Il vous reste 65.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Antoine Pelissolo, psychiatre : « Traiter la pédocriminalité presque exclusivement sous l’angle judiciaire, après les faits, c’est trop tard »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », le médecin estime nécessaire de prévenir les passages à l’acte, ce qui suppose de lever un « tabou anthropologique majeur », concernant une pathologie pulsionnelle qui n’est pas si marginale.












