Israël et le Liban ont convenu mercredi, à l’issue de deux jours de pourparlers à Washington, de conditionner un cessez-le-feu à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et de créer des « zones pilotes » sous contrôle de l’armée libanaise.Ce développement intervient après de nouvelles frappes israéliennes qui ont fait au moins 10 morts mercredi au Liban et après de nouveaux tirs revendiqués par le Hezbollah contre Israël, qui a menacé de frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas d’attaque contre son territoire.Jeudi matin, l’infiltration d’un aéronef jugé hostile a conduit l’armée israélienne à sonner l’alerte à Kfar Yuval, un village du nord d’Israël. « Une cible aérienne suspecte a été identifiée. L’incident est terminé. Aucun blessé n’a été signalé », a écrit l’armée sur les réseaux sociaux, sans plus de précisions.« À l’issue des négociations menées sous l’égide des États-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu », peut-on lire dans une déclaration commune entre les trois parties aux négociations de Washington.Il sera subordonné « à l’arrêt complet des tirs du Hezbollah » — qui rejette ces discussions — et à « l’évacuation » de tous les membres du mouvement libanais du secteur situé au sud du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, a-t-on ajouté.Les parties ont aussi « convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l’exclusion de tous les acteurs non étatiques », une référence au Hezbollah, selon la même source.Israël et le Liban ont également convenu de participer à une nouvelle session de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d’un « accord global », ajoute la déclaration.C’est la quatrième fois que des délégations des deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, se réunissaient à Washington pour des négociations directes.Cessez-le-feu bafouéUn cessez-le-feu est censé être en vigueur entre Israël et le Hezbollah depuis le 17 avril, mais il a été largement bafoué. Et Israël a intensifié et étendu ces derniers jours son offensive, suscitant des risques que ces combats ne contribuent à un nouvel embrasement de la guerre au Moyen-Orient au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent.Mercredi, le président américain, Donald Trump, qui a eu cette semaine un échange houleux avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, sur le sujet, a insisté pour « séparer » les discussions sur le Liban de celles sur l’Iran.Téhéran considère qu’il s’agit d’un seul et même sujet, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi prévenant que toute attaque contre la capitale libanaise entraînerait « une reprise à grande échelle de la guerre » dans la région.Selon les autorités libanaises, le Hezbollah avait accepté lundi une proposition américaine prévoyant dans un premier temps qu’Israël s’abstienne de frapper la banlieue de Beyrouth en échange de l’engagement du mouvement à arrêter ses attaques sur Israël.Mais un haut responsable de la formation a indiqué mardi à l’AFP que son groupe n’accepterait pas de « cessez-le-feu partiel ».
Israël et le Liban conditionnent un cessez-le-feu à l’arrêt des tirs du Hezbollah
Les deux pays ont également convenu de participer à un nouveau tour de pourparlers la semaine du 22 juin.











