La pression s’accentue sur le député indépendant Youri Chassin pour qu’il accepte un projet de loi qui permettrait aux élus de modifier eux-mêmes la carte électorale trois mois avant les élections.M. Chassin se range plutôt derrière le Directeur général des élections (DGE), qui réclame que le processus de redécoupage électoral soit parfaitement indépendant et non politisé.Au cœur du litige : la décision de la Commission de la représentation électorale (CRÉ) d’éliminer deux comtés, dans l’Est de Montréal et en Gaspésie, et d’en créer deux autres, dans les Laurentides et dans le Centre-du-Québec.Cette révision de la carte électorale, qui est prévue dans la loi et vise à refléter les mouvements de population, a suscité un tollé à l’Assemblée nationale : plusieurs ont dit craindre que la Gaspésie perde peu à peu son poids politique.Le 7 mai dernier, le gouvernement a présenté, avec l’appui des partis d’opposition, le projet de loi 3, dans le but de conserver les quatre circonscriptions et faire passer le nombre total de députés de 125 à 127.Le refus de Youri Chassin d’adopter cette pièce législative à la va-vite lui a valu, mercredi, les remontrances très publiques du président de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, Jean-Denis Charest.Il était accompagné en conférence de presse au parlement par des représentants des quatre principaux partis politiques : Jean-François Roberge (CAQ), Marc Tanguay (PLQ), Alexandre Leduc (QS) et Pascal Paradis (PQ).« Ce que je demande, c’est du courage et c’est aussi de reconnaître le fait qu’on a une assemblée qui est élue démocratiquement et que les quatre partis à l’Assemblée nationale veulent faire avancer le dossier », a déclaré M. Charest.« Alors, j’espère qu’on va avoir des résultats. Sinon, il y a des gens qui auront la responsabilité des coûts que subiront la Gaspésie et l’Est de Montréal », a-t-il ajouté.Selon lui, un député qui ferait de l’« obstruction » ne « respecterait pas la démocratie ».« Je pense que vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a au moins un député qui fait obstruction. Je pense que le message aujourd’hui, c’est de cesser l’obstruction », a renchéri le ministre Roberge.« Ça va prendre la collaboration de tous. Le temps de l’obstruction, il est terminé. »
Les élus accentuent la pression sur Youri Chassin
Le député indépendant refuse d’adopter le projet de loi 3 à la va-vite.







