Le sort de la réforme de la carte électorale et du projet de loi 23 sur les personnes en crise est toujours incertain à l’aube de la dernière journée de la session parlementaire. D’autres comme le projet de constitution ont déjà été abandonnés.Jeudi, le gouvernement n’était toujours pas parvenu à faire adopter le projet de loi 3 nécessaire à l’ajout de deux circonscriptions à la carte électorale. Le député indépendant Youri Chassin, qui a de nouveau fait blocage à une procédure accélérée jeudi, a toutefois indiqué au Devoir qu’il comptait y donner son accord vendredi.Quant au projet de loi 23 visant à assouplir les critères pour hospitaliser de force les personnes en crise, son sort est toujours incertain et les chances sont minces qu’il puisse être adopté avant l’ajournement.Jeudi, l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) a lancé un ultime appel aux parlementaires pour qu’ils permettent au dossier d’aboutir. « Chaque jour des personnes vivant avec des troubles mentaux graves et leurs proches sont confrontés aux limites du système actuel », ont-ils plaidé dans un communiqué de presse.La constitution abandonnéeQuant au projet de loi de constitution de Simon Jolin-Barrette son sort est déjà connu. Le ministre l’a formellement abandonné jeudi après avoir essuyé des critiques de tous les horizons ces derniers mois.« Nous sommes malheureusement arrivés aujourd’hui à un point de rupture », a-t-il convenu. « Le projet de loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec ne pourra vraisemblablement pas être adopté. »« Avec le temps qu’il reste à la session parlementaire, il aurait fallu avoir le consentement des oppositions pour procéder à l’adoption du projet de loi. Ce que j’ai demandé à maintes reprises, mais que les oppositions ont toujours refusé », a-t-il enchaîné.Un autre projet de loi sur l’accélération des grands projets (surnommé Q5) avait aussi été mis de côté cette fois par le ministre des finances. Une conclusion qu’ont accueilli avec soulagement les groupes environnementaux. « Le narratif selon lequel les normes environnementales freinent la compétitivité et que les contourner permettrait d’accélérer les projets est infondé », a fait valoir le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE).Les projets de loi sur les boissons énergisantes et la prévention de la violence adoptésPar contre deux pièces législatives majeures ont été adoptées jeudi. Le projet de loi 9 interdisant la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans sera effectif à compter de décembre.Concrètement, les jeunes qui souhaitent en acheter devront alors fournir une pièce d’identité prouvant qu’ils ont plus de 16 ans, comme c’est le cas pour l’alcool à 18 ans.Cette loi a été présentée à la suite des interventions publiques des parents du jeune Zachary Miron, mort en 2024 après avoir bu une boisson énergisante rendue dangereuse par son interaction avec le médicament qu’il prenait pour traiter son trouble du déficit de l’attention.Le projet de loi visant à prévenir les féminicides (4) a, lui aussi, été adopté jeudi à l’Assemblée nationale. Il permettra aux personnes à risque de connaître les antécédents de violence de leur partenaire intime.