Publié le 03/06/2026 22:14

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C’est l'événement de ce printemps : la Fondation Louis Vuitton consacre une grande exposition à Calder, artiste connu pour ses mobiles iconiques. Pour lui, l'art était une recherche permanente d'harmonie, de mouvement et de légèreté.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Depuis la nuit des temps, la sculpture ressemblait à de la pierre brute, des blocs de matière. Puis Calder est arrivé. De la fragilité, du vide et même du mouvement. Alors comment Alexander Calder a-t-il fait bouger la sculpture ?C'est un moment d'équilibre fragile. Des kilos d'acier en suspension. Chez Calder, l'élégance ne tient qu'à un fil. Constellations de métal et couleurs pop pour des œuvres monumentales. Tout a pourtant commencé avec un cirque miniature. En 1926, le sculpteur américain arrive à Paris. Pour ses amis, il organise de mini-représentations loufoques. Des acrobates. Des haltérophiles. Des avaleurs de sabre, plusieurs centaines de personnages sont confectionnés par Calder lui-même à partir de matériaux de récupération. Entre ses mains, un bouchon de liège devient un chapeau, une pince à linge, une tête de chien, une boîte de conserve, une roue de calèche.Parmi les spectateurs subjugués, le peintre Mondrian, qui l'invite à visiter son atelier. "Il rentre dans cet atelier qui a une immense pièce blanche avec sur un mur des grands cartons colorés puisque Mondrian essayait ses compositions. Et quand Calder va rentrer, il va être bouleversé et dire ‘c'est comme la claque qu'on donne au bébé pour qu'il respire la première fois’", raconte Olivier Michelon, commissaire de l'exposition "Calder. Rêver en équilibre" Fondation Louis Vuitton.De Mondrian, Calder garde les lignes noires, les couleurs vives et les formes géométriques. Le réel disparaît au profit de l'abstraction. Place alors à l'imagination. Mais la révolution Calder, c'est surtout le mouvement. L'Américain a beau être fils et petit-fils de sculpteur, il a surtout une formation d'ingénieur. Ses mobiles sont donc de petits trésors d'inventivité. Un talent presque magique dans les souvenirs de son petit-fils. "Quand j'étais enfant, je le regardais travailler dans son atelier. Il essayait de trouver comment faire fonctionner les formes et les objets entre eux. Il crée en temps réel. Il n'avait pas besoin de schéma ou de plan d'architecte", se rappelle Sandy Rower, petit-fils d'Alexander Calder.À Paris, Chicago, Sydney ou Mexico, plus d'une centaine de ses œuvres sont aujourd'hui visibles dans les lieux publics. Bref, il y a forcément un Calder à découvrir près de chez vous.