Publié le 03/06/2026 21:42

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La plateforme Airbnb est-elle détournée par les narcotrafiquants pour leurs planques ? Les forces de l'ordre multiplient les découvertes de drogue, d'armes et d'argent liquide dans ces logements réservés pour quelques jours seulement.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Des armes, plusieurs milliers d'euros et de la drogue en grande quantité : cocaïne, cannabis, héroïne. Les saisies policières ont toutes été effectuées dans des locations de courte durée, des appartements discrets qui sont devenus les nouvelles planques des malfaiteurs. Comme avec un bien de trois chambres et une salle de bain situé en plein centre-ville de Romans-sur-Isère (Drôme), le logement est bien noté sur la plateforme. Mais lors d'une fusillade en novembre dernier, les forces de l'ordre remontent jusqu'à un jeune trafiquant qui les mène à l’appartement.Un voisin d'en face a tout vu, et a filmé la scène caché à l'intérieur de sa boutique. En arrière-plan, on aperçoit le RAID entrer à l'intérieur de l'immeuble. La zone est bouclée, les habitants sont évacués. Les policiers vont même demander à l'homme d'être témoin de la perquisition. "J'ai vu un gamin qui essayait de se défendre en disant qu'il n'avait rien fait, que ce n'était pas de sa faute, qu'il était là depuis deux jours. Quand ils sont arrivés dans la cuisine, c'était sous une plinthe, les forces de l’ordre ont trouvé les pièces à conviction : une arme à feu, des munitions, et de la drogue, héroïne, cocaïne", raconte David Mansot, voisin.La propriétaire n'a pas souhaité nous répondre. Mais un policier, lui aussi présent sur les lieux, connaît bien ce nouveau mode opératoire. En utilisant des locations de courte durée, les trafiquants ont trouvé un moyen de passer sous les radars. "Ces logements servent de base logistique où le produit stupéfiant est amené, conditionné, redistribué rapidement, et par la suite le logement est abandonné et il est ensuite remplacé par un autre. Ce système coche toutes les cases : rapidité, discrétion et mobilité", explique Denis Iglesias, secrétaire départemental Drôme Alliance Police nationale.Car pour réserver sur certaines plateformes, il suffit seulement d'une adresse mail et d'une pièce d'identité. Une propriétaire, par exemple, pensait avoir loué quelques jours son appartement à une jeune femme. En réalité, il a été utilisé à son insu par des trafiquants. C'est au moment de récupérer les clés qu'elle comprend la situation. "Quand je suis arrivée, le logement était blindé d'affaires. Il n'y avait personne. J'ai un peu paniqué. J'ai commencé à sortir plein d'affaires. On a trouvé des sacs. Après, on a trouvé un sac plein de drogue. La police est arrivée, ils se rendent compte que c'était bien de l'Uber shit. C'est-à-dire qu'ils réservent l'appartement. Ils n'y dorment même pas. Ils ne font que leur business ici. Je pense que c'est que pour stocker puisque rien n'avait bougé", explique la propriétaire.Les trafiquants seront arrêtés quelques heures plus tard par la police. Désormais, la propriétaire a renforcé ses contrôles de sécurité avec des caméras à l'extérieur. "Maintenant, si c'est quelque chose de louche, j'annule les réservations", fait-elle savoir.Des locations de courte durée qui servent aussi de base arrière pour d'autres activités criminelles. En banlieue parisienne, c'est la BRI qui est intervenue au petit matin dans un immeuble. Elle soupçonnait un drone d'avoir décollé depuis une location pour livrer un paquet à la prison voisine. Une résidente affirme aussi que de la prostitution et du trafic de drogue avaient lieu dans le même logement. Elle a décidé de faire interdire la location de courte durée dans sa copropriété. Nous avons contacté le propriétaire qui ne nous a pas répondu. De son côté, Airbnb assure coopérer avec les forces de police et met tout en œuvre pour dissuader les personnes mal intentionnées d'utiliser la plateforme.