Publié le 03 juin 2026 à 05:00.
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Au Mont d’Or, le vin commence dans la pierre
Avant même de goûter une bouteille, il faut lever les yeux vers les terrasses, suivre les murs en pierres sèches qui épousent la pente, observer les guérites jaunes accrochées au coteau comme des balises dans le paysage valaisan. Entre Sion et Conthey, sur le versant sud du Mont d’Orge, le domaine déroule ses vingt-quatre hectares d’un seul tenant, une rareté en Valais, entre lac, réserve naturelle et vignoble suspendu.Ici, la vigne ne se traverse pas. Elle se gravit. Deux cent vingt terrasses. Quinze kilomètres de murs en pierres sèches à entretenir. Des ceps parfois centenaires. Une viticulture dite «héroïque», parce qu’elle impose partout le travail de l’homme. «Ici, chaque parcelle se travaille à la main», rappelle Marc-André Devantéry, directeur du domaine. Restaurer les murs, replanter, entretenir les terrasses: sur ces pentes abruptes, chaque geste demande du temps. Et une patience que seule la vigne semble encore savoir enseigner.Sous les pieds des vignerons, les calschistes gréseux. Dans les bouteilles, une minéralité tendue, presque saline, devenue la signature du Mont d’Or. «Cette sensation vive vient directement de la géologie du lieu», explique le directeur et œnologue. Une roche née des mouvements qui façonnèrent les Alpes, inclinée vers le ciel il y a des millions d’années, et qui traverse aujourd’hui encore les vins du domaine.











