Les tenants de deux visions de la liberté s’opposent à la commission parlementaire sur les personnes en crise et le projet de loi 23 : ceux qui craignent des atteintes aux libertés lors des hospitalisations forcées et ceux qui plaident que les personnes sont déjà privées de leur liberté d’agir lorsqu’elles sont en crise.La liberté des personnes est en soi compromise lors d’un épisode de crise, sont venues plaider deux représentantes de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel en commission parlementaire mardi.La maladie « leur a enlevé leur liberté d’agir et de choix », ont fait valoir la psychiatre Myriam Leblanc et l’avocate Annie-Pierre Ouimet-Comtois.Intervenir tôt auprès d’une personne, « même contre son gré », peut permettre de « restituer les droits dont la maladie l’a privée », ont-elles aussi mentionné.Les deux femmes ont joint leur voix mardi à celles des groupes qui soutiennent l’essentiel du projet de loi 23 et réclament une plus grande marge de manœuvre pour intervenir auprès des personnes en crise.Actuellement, la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui (dite P-38) permet d’hospitaliser une personne en crise sans son consentement uniquement si elle représente un danger « immédiat » pour sa sécurité ou pour celle d’autrui. Avec le projet de loi 23, le gouvernement voudrait retirer ce critère d’immédiateté afin de prévenir davantage de drames.Or le gouvernement fait aussi face à plusieurs groupes opposés à la réforme qui risque, selon eux, d’ouvrir la porte à des atteintes aux libertés individuelles des personnes malades.Cette réforme « soulève des préoccupations profondes quant au respect des droits fondamentaux et au risque de banalisation des mesures coercitives », fait valoir l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD).