Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats France Télévisions France Télévisions France Télévisions Analyse Aude Dassonville Journaliste au service Economie Les attaques du rapporteur d’extrême droite Charles Alloncle à l’encontre de France Télévisions et de Radio France ont occulté les véritables défis auxquels sont confrontés les médias publics. Publié aujourd’hui à 06h15, modifié à 08h41 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés « Se fixer sur la rénovation de la piscine en Dordogne ou le salaire de M. Machin, de Mme Truc ou de M. Bidule est dérisoire au regard du bouleversement tellurique qui attend les secteurs de l’audiovisuel et de la création, et qui devrait avoir toute l’attention de cette commission d’enquête… » Auditionnée, en même temps que trois autres anciens ministres de la culture, le 4 février dans le cadre de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, Roselyne Bachelot n’avait pas caché son dédain pour la façon dont le rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République) menait ses investigations. Tout à son entreprise idéologique de dénigrement des médias publics, le député d’extrême droite s’est focalisé pendant six mois sur des points non structurants, évitant soigneusement les « vrais » sujets de préoccupation pour France Télévisions, Radio France, France Médias Monde ou encore l’Institut national de l’audiovisuel. Avenir de la télévision numérique terrestre, concurrence des plateformes étrangères, lutte contre les fake news et les ingérences extérieures, irruption de l’intelligence artificielle (IA), accessibilité de l’offre, etc. Les urgences sont pourtant connues. Dans une interview parue dans La Tribune dimanche, le 10 mai, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, alertait, à titre d’exemple, sur la priorité de traiter du « droit à une information sécurisée à l’heure des ingérences étrangères ou de l’IA, ou la question de l’identité culturelle face aux grandes plateformes mondialisées ». Le lendemain, Stéphane Sitbon-Gomez, le numéro deux de France Télévisions, suggérait, à son tour, devant des journalistes quelques réflexions à mener sans attendre. Car préconiser, comme le fait M. Alloncle, de réduire d’un quart le budget de l’audiovisuel public est une chose, mais anticiper l’impact des baisses successives déjà imposées aux médias publics sur l’ensemble de l’industrie culturelle – en attendant les suivantes – en est une autre. Inviter l’ancien animateur Patrick Sébastien à déverser sa rancœur envers la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, n’était pas non plus vraiment de nature à prévenir les conséquences du recours à l’IA sur le secteur audiovisuel. « On reste les bras croisés ? », demandait encore, à juste titre, M. Sitbon-Gomez à propos de la survie à court terme des chaînes dans un monde où les écrans connectés ne s’allument plus ni sur la Une ni sur la Deux, mais obligent à fouiller dans une offre numérique pléthorique. Il vous reste 57.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Audiovisuel public : les « vraies » urgences après le temps perdu par la commission d’enquête
ANALYSE. Les attaques du rapporteur d’extrême droite Charles Alloncle à l’encontre de France Télévisions et de Radio France ont occulté les véritables défis auxquels sont confrontés les médias publics.












