Portant des foulards blancs et des lunettes de soleil pour masquer leur identité, une vingtaine de personnes se sont rassemblées à Shawinigan samedi pour brandir une banderole indiquant « Je me souviens d’un Québec blanc » pendant une quinzaine de minutes. Qui sont les individus à l’origine de cette manifestation raciste, et quel était leur objectif ?Après plusieurs heures d’incertitude — des images de l’événement circulaient sur le Web depuis au moins dimanche —, l’identité des organisateurs de l’événement a été confirmée lundi après-midi : des membres de la branche québécoise de Second Sons Canada étaient à l’origine de la manifestation, a clamé le fondateur du groupuscule, Jeremy MacKenzie, sur le réseau social X.Le groupe se présente comme un « club nationaliste masculin canadien » consacré « à la santé et au bien-être, à la camaraderie, à l’activisme et au soutien amical pour ceux qui partagent ses valeurs ». Ces dites valeurs ne sont toutefois pas clairement énumérées par le groupe.Et aux yeux de Mathieu Colin, professeur associé à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, ce n’est pas un hasard.« On sait très bien que ces groupes-là sont liés à des gens qui sont ouvertement néonazis ou qui sont des suprémacistes blancs qui ont un discours extrêmement provocateur, raciste et antisémite », soutient le spécialiste des questions extrémistes. « Mais que ce soit dans ce genre de manifestation là ou dans les communications officielles, ce n’est pas ce genre de message qui est mis à l’avant. »M. Colin évoque ainsi une « stratégie de se présenter sous un jour respectable et surtout de s’unir autour de thématiques liées à l’identité et à l’immigration ». C’est dans un deuxième temps « que le message extrêmement violent » va être diffusé, détaille-t-il. Les réseaux sociaux personnels de figures clés du groupe sont alors utilisés comme « canaux de communication privilégiés ».Second Sons Canada ne fait pas exception à cette règle : plusieurs fiers membres du groupuscule partagent des points de vue extrémistes sur leurs réseaux sociaux. C’est notamment le cas du chef de la division québécoise de Second Sons Canada, Shawn Beauvais MacDonald, qui a notamment publié plusieurs fois des éloges à Hitler sur X et Telegram.En clair, des groupes comme Second Sons Canada ne se présentent pas directement comme étant extrémistes, mais ne cachent pas non plus leur nature bien loin à qui voudrait la connaître. Dans leurs sorties publiques, ils vont ainsi « flirter sans cesse avec les limites », note M. Colin en citant l’exemple de cette banderole appelant à un « Québec blanc ».