Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Mark Schiefelbein/AP International International International Chine Chine Chine Par Simon Leplâtre Publié aujourd’hui à 19h00, modifié à 19h12 Article réservé aux abonnés Enquête« Face à un pouvoir répressif » (2/3). A partir de 2020, les trois années de politique zéro Covid et leurs confinements drastiques ont provoqué de nombreuses protestations, favorisant un éveil politique d’une partie de la jeunesse. Les autorités ayant renforcé le contrôle, certains choisissent la résistance passive. En 1940, Otto et Elise Hampel, résidant à Berlin, distribuaient furtivement des cartes postales dans les boîtes aux lettres. « Que sommes-nous devenus ? Un troupeau de moutons ! », écrivaient-ils au dos. Arrivé au pouvoir depuis sept ans, Hitler avait déjà dépecé les institutions démocratiques, supprimé les libertés civiles, réprimé toute opposition. Pendant deux ans, jusqu’à leur arrestation, en 1942, le couple berlinois, condamné à mort et exécuté, a écrit 285 cartes, une tâche dérisoire, pour contester le régime impitoyable auquel ils faisaient face. Leur histoire inspirera à l’écrivain allemand Hans Fallada Seul dans Berlin, un récit paru en 1947 à partir des archives de la Gestapo, et considéré par Primo Levi comme « l’un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ». Cette résistance, si ténue soit-elle, reste d’actualité dans les autocraties, quelle que soit leur nature, qui ne souffrent aucune contestation. Comment vit-on dans son propre pays avec le sentiment d’être seul(e) au milieu des siens ? Deuxième épisode : Pékin Parfois, Qi Hong s’ennuie un peu, depuis qu’il vit en Angleterre. S’il apprécie la tranquillité de la petite ville où le gouvernement britannique l’a envoyé, après sa demande d’asile, il n’a pas grand-chose à faire, mis à part les cours de langue, nécessaires à son avenir dans le pays. Il évite de participer à toute autre activité et se tient à distance de la communauté chinoise. Le prix à payer pour un coup d’éclat retentissant. Fin août 2025, en banlieue de Chongqing, dans le centre de la Chine, un slogan était apparu sous la forme de sinogrammes blancs projetés sur les six étages de la façade d’un immeuble qui en compte plus d’une vingtaine : « A bas le fascisme rouge, renversons la tyrannie communiste ! » Installé à la fenêtre d’une chambre d’hôtel juste en face, un puissant projecteur faisait tourner plusieurs autres mots d’ordre : « Plus de mensonges, nous voulons la vérité ; plus d’esclavage, nous voulons la liberté. » Il vous reste 91.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.