Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Les Décodeurs Les Décodeurs Conditions de travail Conditions de travail Conditions de travail Les « comportements abusifs » mis en cause par le gouvernement, dans un contexte de forte hausse des versements de la « Sécu », ne sont pas étayés par des études. Les chercheurs pointent plutôt la dégradation des conditions de travail et le recul de l’âge de départ à la retraite. Article réservé aux abonnés « L’abus d’arrêts maladie nuit gravement à notre système de santé » : c’est l’un des slogans phare de la campagne de communication lancée en avril par le gouvernement Lecornu. L’exécutif s’inquiète d’une hausse de 45 % des indemnités d’arrêt de travail dans le privé depuis 2019, une « trajectoire explosive » qui nécessiterait de renforcer les contrôles pour empêcher les « comportements abusifs ». La responsabilité de la fraude et des arrêts de complaisance dans cette hausse est pourtant loin d’être évidente, comme le montrent les chiffres officiels de l’Assurance maladie et les études scientifiques. Des facteurs d’abord structurels En se basant sur les 4,2 milliards d’euros de hausse déclarés par l’Assurance maladie entre 2019 et 2024, plus de la moitié s’explique déjà par des facteurs macroéconomiques qui n’ont rien à voir avec le comportement individuel des assurés. Première explication : la forte inflation des dernières années en France, de l’ordre de 15 % en cinq ans, s’est répercutée sur les salaires, et donc sur les indemnités journalières (calculées sur la base de ces mêmes salaires). Autre facteur : l’augmentation de 5,6 % du nombre de salariés dans le privé, qui augmente mécaniquement le nombre de personnes en arrêt. Il vous reste 80.64% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.