Economie EntreprisesEconomie. Après la condamnation en première instance de l'ancien patron du groupe Lafarge, Bruno Lafont, l'avocate associée au cabinet Gide invite urgemment les dirigeants à prendre en compte les atteintes aux droits humains dans leur cartographie des risques.Publié le 30/05/2026 à 08:30bookmarkPour l'avocate Sophie Scemla, l'affaire Lafarge "illustre le durcissement du risque pénal auquel les entreprises internationales et leurs dirigeants sont désormais confrontés".GideLe 13 avril, la 16e chambre du Tribunal correctionnel de Paris a condamné la société Lafarge SA et plusieurs de ses anciens dirigeants, dont son ex-PDG, Bruno Lafont, et son directeur général adjoint de l'époque, Christian Herrault, à de lourdes peines. Les deux hommes ont écopé respectivement de six et cinq ans de prison ferme. Incarcérés dans la foulée de ce jugement, ils ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire il y a quelques jours, dans l'attente de leur procès en appel.La justice reproche au groupe Lafarge d’avoir maintenu les activités de sa filiale syrienne LCS, notamment sur le site de la cimenterie de Jalabiya, entre 2012 et septembre 2014, alors que la zone géographique était passée sous le contrôle de groupes djihadistes, dont l’État islamique. Pour permettre la circulation des salariés de LCS, des matières premières et des camions de ciment à travers les checkpoints tenus par les terroristes, l'entreprise, passée depuis dans le giron de son rival suisse Holcim, aurait déboursé plus de 5 millions d'euros, destinés directement ou indirectement aux djihadistes. Avocate associée au cabinet Gide et spécialisée en droit pénal des affaires, Sophie Scemla analyse les principaux impacts de cette décision pour les sociétés françaises.