Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement CYRIL ZANNETTACCI/VU’ POUR « LE MONDE » L'époque L'époque L'époque Religions Religions Religions Par Anne-Lise Carlo Publié aujourd’hui à 14h00 Article réservé aux abonnés EnquêteAlors que, dans l’Antiquité, les druides occupaient une place centrale dans les sociétés celtes d’Europe, le néodruidisme contemporain propose à ses pratiquants une reconnexion sensible à la nature, différente d’une écologie strictement politique, afin de trouver une autre manière d’habiter le monde. Sur la côte morbihannaise, le soleil du 1er mai est au rendez-vous. Les reliefs de l’île de Groix se dessinent à l’horizon. Rassemblés à Kerham, dans la commune de Ploemeur, près d’une grande sépulture mégalithique héritée du néolithique, six femmes et un homme vêtus de blanc, arborant une couronne de verdure et de fleurs dans les cheveux, forment un cercle, au milieu de ce paysage que les ajoncs teintent de jaune. Certains portent une saie, la longue « robe » traditionnelle des druides. Au sol, aux quatre points cardinaux du site, sont disposées des offrandes aux divinités et aux ancêtres, et des regalia, objets symboliques tels qu’une épée, un chaudron et des cornes d’abondance. Après une purification par l’eau appliquée sur le visage et sur les mains, complétée au moyen d’embaumantes fumées de sauge, le rituel commence. Une jeune barde entame un très beau chant en s’accompagnant de sa lyre ancienne. Sur le green en surplomb – le site des tertres tumulaires de Kerham est inclus dans un parcours de golf –, deux joueurs, debout dans leur voiturette, sont au spectacle. La clairière, terme utilisé pour désigner une communauté druidique, célèbre ce jour-là Beltaine, l’une des huit fêtes du calendrier celtique. Celle-ci symbolise la fin de la saison sombre et l’entrée dans la saison lumineuse, à mi-chemin entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été. Trois braseros symbolisent les trois feux de Beltaine, ceux du soleil, de la parole et de la guérison. Le groupe druidique se déplace autour de ces sources lumineuses en file indienne, en un mouvement qui reproduit la lemniscate, une courbe en forme de « 8 » couché, symbole mathématique de l’infini. Déambulation synchronisée Il vous reste 88.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.