Le patron de Canal+ a expliqué vouloir ajouter un nouveau critère pour déterminer si un professionnel peut obtenir l’accord du groupe pour un financement : a-t-il “porté préjudice à Canal+” ? « Si quelqu’un sonne chez vous, vous traite de fasciste et ensuite vous demande de l’argent, peut-être que vous ne lui donneriez pas de l’argent. On va faire exactement pareil », a expliqué Maxime Saada. Photo Thomas Gogny/Divergence Par Télérama, avec AFP Publié le 29 mai 2026 à 15h11 Maxime Saada, « assume » avoir dit que son groupe ne souhaitait plus financer les films des signataires d’une tribune contre son actionnaire de référence Vincent Bolloré, mais se défend de vouloir dresser une « liste noire », a-t-il déclaré vendredi. « Si quelqu’un sonne chez vous, vous traite de fasciste et ensuite vous demande de l’argent, peut-être que vous ne lui donneriez pas de l’argent. On va faire exactement pareil », a déclaré le patron de Canal+, interrogé lors de l’assemblée générale du groupe, après une vive polémique au festival de Cannes. En plus du critère « artistique » et « commercial », « je vais ajouter une nouvelle dimension sur les dossiers [de financement de films, ndlr] qu’on va étudier », a-t-il développé. « Cette dimension, ce sera quelle est la considération qui est portée par les personnes qui portent ce projet vis-à-vis de Canal+, et est-ce que ces personnes ont porté un préjudice à Canal+ », a indiqué Maxime Saada. Selon lui, le « sujet » n’est pas la « liberté d’expression », mais « le préjudice porté à Canal+ », premier financeur du cinéma français. À lire aussi : La tribune anti-Bolloré enfle et met Cannes dans l’embarras : “Soit on est taxé de collabo, soit on est pétitionnaire” « Quand on parle de vision fasciste de l’imaginaire collectif à côté du nom Canal+, c’est la réputation et l’intégrité des équipes […] qui est attaquée. Quand on siffle le logo Canal+, suite à cette pétition, à certaines projections du Festival de Cannes, c’est un préjudice réputationnel pour Canal+ », a énuméré le dirigeant. Pour autant, « je n’ai évidemment jamais parlé de liste noire », a-t-il nuancé. « Il n’est pas question pour nous d’aller traquer les techniciens qui ont signé la pétition (et) de ne plus financer les films pour lesquels ils travaillent ». À lire aussi : Tribune anti-Bolloré : pourquoi la liste noire de Canal+ secoue le cinéma français Publiée mi-mai, la tribune dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le 7e art, en visant le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Parmi les signataires figuraient les acteurs Swann Arlaud, Juliette Binoche et Jean-Pascal Zadi ou le réalisateur Robin Campillo. Maxime Saada a défendu Vincent Bolloré : « C’est avec lui, pour ne pas dire grâce à lui, qu’on a redressé Canal+ », quand ce dernier faisait encore partie du groupe Vivendi. « Canal+, en France, perdait 400 millions d’euros, […] on allait droit au mur, et le financement du cinéma, on pouvait l’oublier ». Enfin, il a assuré que Canal+, devenu une entité autonome après la scission de Vivendi fin 2024, « n’est pas contrôlé par le groupe Bolloré », même si ce dernier est son « actionnaire de référence ». À lire aussi : Tribune anti-Bolloré : Canal+ assigné en justice pour discrimination après les propos de Maxime Saada Cinéma Canal+ Économie de la culture Vincent Bolloré Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Tribune anti-Bolloré : Maxime Saada réfute une “liste noire”… mais “assume” de plus travailler avec les signataires
Le patron de Canal+ a expliqué vouloir ajouter un nouveau critère pour déterminer si un professionnel peut obtenir l’accord du groupe pour un financement : a-t-il “porté préjudice à Canal+” ?








