Chaque semaine, “Télérama” arpente les rues de Paris à la recherche des plus belles créations de street-artistes en accès libre. Aujourd’hui, découverte d’un bourreau des coeurs sur les murs de la capitale. Photo Olivier Granoux pour Télérama Par Olivier Granoux Publié le 29 mai 2026 à 11h00 C‘est en 1992 que Jace, graffeur basé à la Réunion, a créé ses premiers gouzous, convaincu que les personnages dessinés interpelleraient plus les passants que le simple lettrage de son nom. Le gouzou, petit bonhomme facétieux, aussi rapide à dessiner qu’un tag, n’a pas de visage, pas d’âge, et une couleur de peau orangée, ce qui lui confère un caractère universel, permettant à tout le monde de s’identifier à lui. En vingt-cinq ans de carrière, le personnage est devenu la mascotte emblématique du street art français et a assuré la notoriété de son créateur. On le retrouve dans plus de quarante pays à travers le monde, au cœur de villes surpeuplées comme dans des lieux abandonnés où personne ne le voit. Jace (né en 1973) l’utilise comme un élément perturbateur, et son esthétique cartoonesque innocente lui permet de pointer en douceur, et souvent avec humour, les malaises de notre époque : crise climatique, capitalisme aveugle, guerres… Le gouzou est de tous les combats, mais jamais dans l’agressivité. Paris a régulièrement reçu la visite de Jace, qui continue inlassablement de colorer la ville sans autorisation à chaque fois qu’il est de passage, même si ses créations dans la rue sont toujours très éphémères. Pour celle que nous présentons ici, les jours sont comptés. Mais si elle disparaît, il restera un moyen de voir des œuvres de Jace. À lire aussi : Le meilleur du street art : l’alphabet mystère de Sifat s’affiche en grand La galerie Mathgoth lui consacre actuellement une rétrospective en entrée libre quelques rues plus loin, baptisée « Cœur sensible » (d’où la thématique actuelle des cœurs rouges actuellement dans ses fresques). On y découvre des toiles, une sculpture, mais aussi des photos de sa folle virée à Tchernobyl, où il s’était rendu en 2019 pour remettre en lumière les dangers du nucléaire. On n’y verra pas, en revanche, la bâche géante (72 mètres sur 22) que l’artiste avait posée sur la façade d’un immeuble haussmannien rue de Rivoli en 2024 pour cacher les travaux d’un futur hôtel : elle a en effet été volée, par quelqu’un qui a visiblement de la place chez lui… Bref, si les œuvres dans la rue disparaissent trop vite, rabattez-vous sur l’expo, au moins vous n’aurez pas fait le voyage pour rien ! Les Gouzous de Jace trouvent couvercle à leur pot au milieu du 13e arrondissement. Photo Olivier Granoux pour Télérama Où : 166, rue de Tolbiac, 13e. Son InstagramExpo « Cœur sensible », du 30 mai au 4 juillet, 1, rue Alphonse Boudard, 13e. Entrée libre. Vous avez repéré une fresque intéressante ? Prévenez-moi ! À lire aussi : Sur les murs de Paris, Alejandro “Mono” González, légende chilienne du street art
Jace et ses “gouzous” : les petites mascottes irrésistibles du street art français s’incrustent à Paris
Chaque semaine, “Télérama” arpente les rues de Paris à la recherche des plus belles créations de street-artistes en accès libre. Aujourd’hui, découverte d’un bourreau des coeurs sur les murs de la capitale.








