Chaque semaine, “Télérama” arpente les rues de Paris à la recherche des plus belles créations de street-artistes en accès libre. Aujourd’hui, zoom sur un peintre qui crée… à l’extincteur ! Photo Olivier Granoux pour Télérama Par Olivier Granoux Publié le 05 juin 2026 à 11h00 À l’origine, le graffiti n’était pas un geste artistique. C’était une signature (le tag), pour marquer son territoire, revendiquer son identité ou celle de son quartier sans demander la permission à personne. La volonté d’abîmer l’espace public était manifeste, et se traduisait par les accessoires utilisés : feutres indélébiles, pointes pour rayer les vitres… Et, pour les plus aventuriers, l’extincteur. Rempli de (beaucoup de) peinture, d’une précision plus qu’aléatoire, l’appareil antifeu était détourné de sa fonction première pour devenir une arme de création massive, permettant de recouvrir un wagon de métro en quelques secondes, ou d’atteindre des endroits impossibles (des ponts, par exemple) pour des tags XXL dégoulinants et agressifs. La peinture au lance-flammes, en quelque sorte. À lire aussi : Jace et ses “gouzous” : les petites mascottes irrésistibles du street art français s’incrustent à Paris Jeremee Elee Elinck, né à Paris en 1985, est un artiste français qui vient du graffiti, mais travaille désormais plutôt sur des œuvres d’atelier qui questionnent la texture des murs et la mémoire des surfaces. Il y a un an, pourtant, il commençait à Nancy une drôle de série, les « Vandale Versions », en peignant à l’extincteur sur un mur La Danse, de Matisse. Il remet le couvert ce mois-ci à Paris avec L’Origine du monde, de Gustave Courbet, invité à agir sur les murs du 84Amelot, un lot de murs où le street art est autorisé à Paris. Initié par Thom Thom, longtemps en charge du MUR Oberkampf et qui en assure la programmation depuis quatre ans, le 84Amelot fait partie d’un réseau de murs que Thom Thom travaille à fédérer dans toute la France au sein de Rezomurs. Découvrir la note et la critique “Beyond The Streets” : un show à l’américaine qui en met plein la vue à la Grande Halle de la Villette Quant à Jeremee Elee Elinck, en faisant dialoguer histoire de l’art et pratique vandale, il repositionne le graffiti comme un mouvement artistique à part entière, dans son aspect performatif et spontané, tout en cultivant le paradoxe de créer du beau avec un outil de dégradation. Bien sûr, tout ça n’est pas pour nous déplaire… Où ? 84, rue Amelot, 11ᵉ. Son Instagram Vous avez repéré une fresque intéressante ? Prévenez-moi ! “L’Origine du monde”, nouvel épisode des “Vandale Versions” de Jeremee Elee Elinck. Photo Olivier Granoux pour Télérama Restos & Loisirs Arts Art urbain Paris Street art Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
Le meilleur du street art à Paris : “L’Origine du monde” version vandale
Chaque semaine, “Télérama” arpente les rues de Paris à la recherche des plus belles créations de street-artistes en accès libre. Aujourd’hui, zoom sur un peintre qui crée… à l’extincteur !








