Les immenses parois colorées de Jean-Paul Mousseau qui baignaient de lumière l’église Saint-Gérard-Majella ont échappé à la destruction du bâtiment patrimonial qui les abritait. Alors que la destruction de cette église exceptionnelle est annoncée, le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire a réussi à récupérer une part majeure de cette œuvre monumentale, réalisée dans les années 1960.Ces vitraux contribuaient largement au caractère singulier de cette église moderne aux formes audacieuses que plusieurs défenseurs du patrimoine se sont époumonés en vain à présenter comme un jalon important de l’architecture religieuse québécoise du XXe siècle.Selon Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, l’intervention a été déclenchée à la fin d’avril, lorsque sa directrice générale, Geneviève Létourneau, a appris que l’installation risquait d’être détruite avec l’église. « Je devais au moins voir l’œuvre avant qu’elle ne soit détruite », explique-t-elle dans un communiqué.L’œuvre de Mousseau couvrait environ 380 mètres carrés. Réalisée en fibre de verre et en résine de polyester colorée, elle formait de vastes parois translucides filtrant la lumière à l’intérieur du lieu de culte qui sera bientôt rasé sous le pic des démolisseurs pour faire place à un projet immobilier. Les pièces devront maintenant être inventoriées, nettoyées et restaurées.Grâce à une entente conclue avec le promoteur Faubourg Majella inc., plusieurs sections ont pu être démontées rapidement par une équipe spécialisée. Une partie des éléments situés près du toit a toutefois dû être abandonnée pour des raisons de sécurité des ouvriers.Cette acquisition revêt aussi une portée symbolique. Figure majeure du mouvement automatiste et de son élan libertaire aux côtés de Borduas, Jean-Paul Mousseau entretenait des liens étroits avec le milieu artistique de Mont-Saint-Hilaire.
Les vitraux de Mousseau échappent à la destruction de Saint-Gérard-Majella
Avant la démolition pour un projet immobilier, une œuvre de Mousseau a été sauvée in extremis.










