L’Iran et les États-Unis se sont mutuellement accusés jeudi de violer le cessez-le-feu, après un échange de frappes qui met un peu plus en péril les négociations pour stopper durablement la guerre, entrée dans son quatrième mois.Sur l’autre front du conflit, au Liban, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur, Israël a étendu sa « zone de combat » alors même que la fin des hostilités contre le Hezbollah pro-iranien est une exigence claire de Téhéran pour parvenir à un accord.La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Et elle ébranle l’économie mondiale, la République islamique verrouillant le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.Les derniers affrontements sont les plus graves depuis le début de la trêve le 8 avril.Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones d’attaque iraniens qui représentaient une « menace autour du détroit d’Ormuz » et ont frappé « une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone », selon un responsable américain.En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. De leur côté, le Koweït et l’armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l’Iran, sur le territoire de cette monarchie du Golfe.Ce qu’ils ont condamné : l’armée américaine dénonçant une « violation flagrante du cessez-le-feu » et le ministère des Affaires étrangères koweïtien « une dangereuse escalade ».« À genoux »L’Iran a rejeté la responsabilité sur Washington, fustigeant des « violations continues du cessez-le-feu » après les frappes menées ces derniers jours par Washington sur le sud du pays.Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, blessé au début de cette guerre et qui n’est pas apparu en public depuis, a estimé de son côté qu’Israël et les États-Unis cherchaient « à mettre la nation à genoux », dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d’État.Et les Gardiens, armée idéologique du régime, ont promis une « riposte ferme » en cas de nouvelle attaque américaine.Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l’intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz, selon la télévision d’État (IRIB), qui n’a pas fourni de détails sur le type de bateaux ni sur leur nationalité.Dans ce climat, des habitants de Téhéran confient leur inquiétude. « On se demande tous les jours : “Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir ?” », explique à l’AFP Amir, développeur de logiciels de 27 ans.Mahtab, 62 ans, coiffeuse dans la capitale iranienne, se félicite que sa fille ait pu quitter le pays, car « c’est l’enfer ici » et se lamente de voir son fils vivre lui « au jour le jour », sans perspective.
L’Iran et les États-Unis s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu
Des frappes américaines en Iran et israéliennes au Liban fragilisent les négociations pour mettre fin à la guerre.











