L'Iran a-t-il suspendu brièvement les pourparlers avec les Etats-Unis ? La confusion règne ce mardi 2 juin. Le cessez-le-feu entre les deux pays, annoncé début avril et fragilisé depuis par des violations dénoncées par les deux camps, pourrait être remis en cause par Téhéran en raison de l'offensive d'Israël au Liban, a rapporté la presse officielle iranienne. Les négociations avec Washington seraient suspendues pour les mêmes motifs, selon la presse iranienne.Téhéran réclame qu'un accord avec les Etats-Unis prévoit en premier lieu l'arrêt définitif des hostilités sur tous les fronts, notamment au Liban, qu'Israël a envahi début mars dans le cadre d'une campagne militaire présentée comme destinée à neutraliser le Hezbollah pro-iranien et qui s'est poursuivie en dépit d'une trêve distincte annoncée le 16 avril par Donald Trump. Cette offensive israélienne a donné lieu à l'invasion et la destruction du sud du Liban. Tsahal a par la suite franchi le fleuve Litani puis annoncé avoir pris le contrôle du château de Beaufort.Les hostilités continuent au LibanLe président américain et Beyrouth ont fait état lundi d'un accord de cessez-le-feu partiel entre Israël et le Hezbollah, qui protégerait la capitale libanaise et ses environs. Mais les hostilités ont continué dans la soirée dans le sud du Liban et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a réitéré que l'offensive de Tsahal se poursuivrait. Ce mardi matin, l'armée israélienne a annoncé avoir intercepté deux projectiles ayant franchi la frontière libanaise pour atteindre le nord d'Israël, sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.Le Hezbollah a de son côté annoncé avoir visé, lundi soir, des cibles israéliennes dans le sud du Liban, tandis que l'agence officielle libanaise (NNA) a signalé des frappes israéliennes sur les villages de Marwaniyeh, Sidiqine, Yater et Mansouri, ainsi qu'une "très violente détonation" entendue à Debbine. Le mouvement chiite libanais a revendiqué une autre attaque contre l'armée israélienne, dans la nuit de lundi à mardi, dans le sud du Liban.Selon l'ambassade du Liban à Washington, l'accord annoncé par Donald Trump ne mettrait pas fin au conflit dans ce pays. Il prévoit toutefois qu'Israël s'abstienne de toute frappe sur Beyrouth et sa banlieue contrôlée par le Hezbollah, tandis que ce groupe cesserait ses attaques contre Israël.La colère de Donald Trump envers Benyamin NetanyahouSelon Axios, le président américain est particulièrement mécontent de l'attitude de Benyamin Netanyahou. Lundi, lors d'un appel téléphonique encore houleux, Donald Trump s'en serait pris violemment au Premier ministre israélien au sujet de l'escalade israélienne au Liban, ont déclaré à Axios deux responsables américains et une troisième source informée de l'appel. Le locataire de la Maison-Blanche aurait qualifié Benyamin Netanyahou de "fou" et l'aurait accusé d'ingratitude, selon deux sources : "Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te hait maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça", aurait notamment déclaré Donald Trump.La colère de celui-ci semblait motivée par le fait que la décision de Benyamin Netanyahou d'intensifier les hostilités au Liban menaçait de faire imploser ses négociations avec l'Iran. Après l'appel tendu, comme si de rien n'était, Donald Trump a publié un message sur son réseau Truth Social indiquant que les pourparlers avec l'Iran se poursuivaient "à un rythme rapide". De son côté, relève Axios, Benyamin Netanyahou a publié un communiqué après l’appel, affirmant avoir dit à Donald Trump qu'Israël attaquerait des cibles à Beyrouth si le Hezbollah ne cessait pas ses attaques contre Israël, et qu'en attendant, Israël poursuivrait ses opérations dans le sud du Liban. "Notre position reste inchangée", selon le dirigeant israélien.La mise en garde de l'IranLa guerre entre Israël et le Hezbollah a éclaté le 2 mars, comme un prolongement du conflit plus large, et y est restée inextricablement liée depuis. L'Iran a donc insisté sur l'arrêt des attaques israéliennes au Liban comme condition à tout accord visant à mettre fin à la guerre, tandis que, pour les Etats-Unis, les deux conflits sont distincts. "Le cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis est sans équivoque un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré dans un communiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.Depuis la mi-mars, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises être sur le point de signer un accord de paix, sans toutefois l'avoir fait. Malgré le cessez-le-feu, l'Iran et les Etats-Unis ont procédé à des frappes croisées à plusieurs reprises ce week-end. Par ailleurs, l'armée koweïtienne a annoncé lundi matin que le pays était la cible d'attaques de missiles et de drones, sans préciser leur origine. Les médias d'État ont rapporté que des alarmes avaient retenti dans tout le pays. Parallèlement, le chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution iraniens, Esmaeil Qaani, a menacé d'étendre le blocus du détroit d'Ormuz à celui de Bab el-Mandeb, un autre point de passage stratégique à l'entrée de la mer Rouge.