Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran ont fait état d’avancées ces derniers jours dans les discussions pour régler la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end. Mais les espoirs de paix ont été douchés lundi : les États-Unis ont annoncé avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l’Iran.VidéoMoyen-Orient : un accord avec l'Iran est toujours possible, selon Rubio« Les forces américaines ont mené aujourd’hui des frappes de légitime défense dans le sud de l’Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes. Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines », a déclaré le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs fortes explosions avaient été entendues à Bandar Abbas, dans le sud du pays, vers minuit (20h30 GMT). La télévision d’État a ensuite précisé que la situation était revenue à la normale, ajoutant qu’une enquête était en cours pour déterminer l’origine des bruits.L’armée américaine a précisé « faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu » en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis.Accélération des échanges diplomatiquesMalgré ces frappes, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a maintenu qu’un accord avec l’Iran restait possible. Les discussions tournent essentiellement « autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours », a-t-il déclaré lors d’une visite officielle en Inde, sans fournir d’informations sur les dernières frappes.Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l’économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d’Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde. Marco Rubio a soutenu mardi que le détroit rouvrirait « d’une manière ou d’une autre ». « Ce qui se passe là-bas est illégal, c’est insoutenable pour le monde entier », a-t-il ajouté.Les dernières heures avaient pourtant été marquées par une nouvelle accélération des échanges diplomatiques. De hauts responsables iraniens, incluant le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha. C’est la première visite de ce type depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du Golfe.Donald Trump avait déjà tempéré les espoirs d’un accord imminent, disant ne pas vouloir « se précipiter ». Téhéran s’est également montré prudent. « Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions », a commenté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. « Mais de là à dire que la signature d’un accord est imminente, personne ne peut l’affirmer. »En parallèle, une délégation du Pakistan incluant le médiateur principal dans le conflit et chef de l’armée Asim Munir ainsi que le Premier ministre Shehbaz Sharif se trouvait lundi en Chine, pays soutenant les efforts pakistanais pour résoudre la crise.