Monde Proche et Moyen-OrientMoyen-Orient. Téhéran a dit avoir ciblé une base aérienne américaine, en riposte à de nouvelles frappes lancées par les Etats-Unis, alors que les discussions autour de l'arrêt de la guerre patinent.Par Kenza Soares El Sayed avec ReutersPublié le 28/05/2026 à 08:09Des cargos naviguant dans le détroit d'Ormuz, près de Bandar Abbas, début mai.via REUTERSLe cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis au Moyen-Orient est-il sur le point de voler en éclat ? Washington et Téhéran ont échangé de nouvelles frappes, ce jeudi 28 mai, sous fond de désaccords dans les négociations pour l'arrêt de la guerre. Les Gardiens de la révolution (CGRI) ont déclaré avoir ciblé une base aérienne américaine, en représailles à des frappes lancées plus tôt contre leur site de Bandar Abbas, dans le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse Tasnim.Un responsable américain a lui indiqué que "quatre drones d'attaque iraniens" avaient été abattus et que les Etats-Unis avaient mené des frappes contre "une station de contrôle au sol, dans la ville portuaire de Bandar Abbas, qui s'apprêtait à lancer un cinquième drone". "Ces actions étaient mesurées, purement défensives et visaient à maintenir le cessez-le-feu", a affirmé ce responsable.Un site militaire visé au Koweït ?Le CGRI a précisé avoir visé la base aérienne américaine d'où sont parties les frappes contre leur site de Bandar Abbas, sans toutefois préciser de laquelle il s'agissait. Le Koweït, qui abrite une importante base américaine, a déclaré de son côté répondre à des attaques de missiles et de drones, sans en indiquer la provenance.Israël, qui combat les militants du Hezbollah soutenus par l'Iran dans le sud du Liban, a également signalé avoir déclenché des sirènes d'alerte, après une activité aérienne hostile dans le nord d'Israël. Cette escalade rappelle la fragilité du cessez-le-feu négocié entre les États-Unis et l'Iran, entré en vigueur début avril, réduisant à néant les espoirs d'un accord de paix et provoquant une nouvelle flambée des prix du pétrole. Les premières frappes américaines ont eu lieu quelques heures après que Donald Trump a catégoriquement rejeté, face aux journalistes américains, des informations provenant de la télévision iranienne sur un projet d'accord non officiel, pour rétablir le trafic maritime dans le détroit, géré actuellement par l'Iran et Oman. Le président américain a déclaré qu'aucun pays ne contrôlerait cette voie navigable et a menacé Oman, un pays avec lequel les États-Unis entretiennent des liens militaires et économiques depuis des décennies. "Personne ne contrôlera le détroit", a déclaré Donald Trump. "Ce sont des eaux internationales et Oman se comportera comme tout le monde, sinon nous devrons les faire sauter".Négociations difficilesIl a ajouté qu'il n'était pas encore satisfait d'un accord avec l'Iran et que les États-Unis n'envisageaient pas d'alléger les sanctions imposées à ce pays. Côté iranien, Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement sur la sécurité nationale, a déclaré que la "rhétorique" de Donald Trump ne parviendrait pas à contraindre l'Iran à renoncer à ses exigences d'enrichissement d'uranium, d'autorité sur le détroit d'Ormuz et de levée des sanctions économiques à son encontre.Depuis son déclenchement le 28 février par des frappes américaines et israéliennes, la guerre a fait des milliers de morts et a entraîné une forte hausse des prix mondiaux de l'énergie. Donald Trump a souvent affirmé être proche d'un accord pour mettre fin au conflit. Mais le déblocage du détroit d'Ormuz, le démantèlement du programme nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques contre l'Iran constituent des points de désaccords majeurs au sein des négociations. Le détroit d'Ormuz est régi par le droit international qui garantit aux navires étrangers le droit de le traverser. Le département du Trésor américain a justement ajouté l'Autorité du détroit du Golfe persique, l'organisme iranien chargé de gérer le passage dans cette voie stratégique, à une liste de personnes et d'entités sanctionnées, considérées comme une menace pour la sécurité nationale américaine.Après une chute de plus de 5 % mercredi, les prix du pétrole ont rebondi suite aux informations faisant état d'une escalade des hostilités. Le prix du brut américain a progressé de plus de 3 %, tandis que les marchés boursiers ont reculé et le dollar s'est apprécié.