Le premier grand procès en France pour violences sexuelles dans le milieu du porno amateur sera jugé aux assises, comme le demandaient de nombreuses parties civiles de l’affaire de la plateforme pornographique French Bukkake, ont déclaré leurs avocats jeudi 28 mai à l’Agence France-Presse (AFP).

A l’été 2023, les juges d’instruction avaient ordonné le renvoi des mis en cause devant la cour criminelle. Mais une trentaine de parties civiles avaient contesté ce renvoi, réclamant que les circonstances aggravantes du sexisme et du racisme soient retenues pour les viols qu’elles dénoncent lors de tournages de la plateforme, entre 2015 et 2020.

Pour juger de viols avec de telles circonstances aggravantes, la loi française prévoit une comparution aux assises, qui fait encourir une peine plus lourde – au-delà de vingt ans de réclusion – aux 16 accusés, dont le dirigeant de la plateforme, aujourd’hui fermée, son associé, un rabatteur présumé et des acteurs.

Saisie, la cour d’appel avait une première fois refusé, mais sa décision avait été cassée par la Cour de cassation, qui lui avait demandé de réexaminer cette affaire. Dans son arrêt de mai 2025, consulté par l’AFP, la Cour de cassation avait estimé que la chambre de l’instruction aurait dû retenir les caractères sexistes et racistes des viols.