Publié le 28/05/2026 16:06
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Les toits des immeubles HLM auraient-ils la préférence des opérateurs de téléphonie mobile pour recevoir leurs antennes relais 5G ? C'est ce qu'a découvert un locataire ulcéré, qui témoigne dans cet extrait d'"Envoyé spécial".
Il y a dix ans, ils étaient plutôt perchés sur une colline, loin des habitations. Aujourd’hui, ils sont nos nouveaux et indésirables voisins. Avec le développement de la 5G, la France compte toujours plus de ces pylônes dépassant parfois les 100 mètres de haut, abritant des antennes relais pour les télécoms. Leur nombre a doublé en quinze ans, pour atteindre 72 000 aujourd'hui. Les quatre opérateurs français (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile) sont censés mutualiser ces infrastructures, mais dans la réalité, les doublons sont fréquents, et il n'est pas rare qu'un nouveau pylône vienne s'implanter à côté de celui qui existe déjà. Car sur ce marché qui représente des dizaines de milliards d'euros, les géants des télécoms se livrent une concurrence où tous les coups sont permis.Cette guerre des antennes sur laquelle a enquêté "Envoyé spécial" se livre parfois au détriment des habitants, mécontents de cette pollution visuelle, et surtout inquiets des effets possibles des ondes sur leur santé. Par mesure de précaution, le rayonnement doit être inférieur à 9 volts par mètre (5 V/m à Paris), mais il s'agit d'une simple recommandation sans caractère contraignant.Ce voisinage angoissant n'épargne pas les citadins, car les pylônes rayonnent depuis les toits des immeubles, à quelques mètres au-dessus des logements. Alors chaque nouvelle implantation suscite une levée de boucliers. Mais les opérateurs et constructeurs d'antennes auraient trouvé la parade…C'est ce qu'a compris presque par hasard un jeune père de famille parisien. L'appartement en rez-de-chaussée qu'il loue dans le 5e arrondissement donne sur la crèche municipale installée dans la cour de l'ensemble HLM, géré par Paris Habitat. Il y a quelques mois, Alexandre Arnould découvre un panneau apposé sur la grille, annonçant des travaux. Collé au bas du panneau, un document "écrit en tout petit" précise qu'en l'absence d'opposition au projet, six antennes relais vont être installées au-dessus de la crèche et du centre de Protection maternelle et infantile (PMI). "Personne ne nous en a parlé " s'indigne le père de famille, qui réunit ses voisins pour étudier le problème.Pourquoi ces six nouvelles antennes sur un site qui abrite 160 appartements, mais aussi des crèche et centre PMI pour les nouveau-nés ? Ne peuvent-elles pas être implantées ailleurs ? En consultant (sur cartoradio.fr) la carte des antennes éditée par l'ANFR, l'Agence nationale des fréquences, Alexandre en découvre pas moins de trois dans le même pâté de maisons. Coïncidence troublante, toutes trois sur des toits d'immeubles HLM… Pourquoi ce "traitement de faveur" pour les immeubles sociaux ? s'interroge Alexandre. "Comment ça se fait que ce soit nous qui recevions les antennes ? Surtout qu'on ne nous demande pas notre avis !"A Paris, sur les 2 500 sites accueillant des antennes, les deux tiers sont des ensembles de logements sociaux. Serait-ce plus difficile de convaincre des copropriétaires dans un immeuble privé qu'un bailleur social ? Sollicité par "Envoyé spécial", Paris Habitat affirme respecter "des exigences renforcées en matière de transparence et de maîtrise de l'exposition électromagnétique".De son côté, Alexandre a fait l'acquisition d'un appareil pour mesurer les ondes auxquelles chaque pièce de son logement est exposée. Pour le moment, le rayonnement est faible, mais qu'en sera-t-il avec six nouvelles antennes ? La pétition qu'a lancée Alexandre pour s'y opposer a déjà recueilli 800 signatures.Extrait de "5G : les antennes de la colère", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 28 mai 2026.> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de franceinfo, rubrique "Les émissions".












