Publié à 9h05
Mis à jour à 9h27
Critique
Dans les premiers moments de sa formation pour devenir agent secret, James Bond apprend la première règle de l’espionnage : toujours faire l’inattendu. Si le protagoniste de 007 First Light l’applique à maintes reprises à travers l’aventure, le jeu semble aussi en avoir fait sa devise tant il demande au joueur d’improviser… et lui donne les outils pour le faire.Bien sûr, James Bond n’est pas étranger à des passages derrière la manette — même si c’est le grand écran qui a fait de lui l’agent secret le plus célèbre de la planète. Il suffit de nommer le mythique GoldenEye 007 (1997) sur Nintendo 64. Mais la promesse d’une adaptation de James Bond signé IO Interactive a de quoi faire rêver, surtout en prenant compte qu’ils sont derrière la série de jeu d’infiltration en « bac à sable » Hitman.Et contrairement aux jeux venus avant lui qui ont surtout repris les traits d’un des acteurs ayant incarné l’espion amoureux des martinis secoués, pas brassés, 007 First Light introduit une nouvelle version de James Bond. Ce dernier est plus jeune, en tout début de carrière au sein du MI6, et est plongé dans un décor contemporain.
S’il est parfois un peu plus tête chaude que d’autres incarnations, le 007 (en devenir) de First Light, joué par un excellent Patrick Gibson (Dexter : Original Sin), dégage un charme tout aussi irrésistible. Voir un James Bond plus moderne détonne au premier regard, mais le résultat est réussi, d’autant que le scénario, qui fait voyager Bond des rues londoniennes à une station balnéaire vietnamienne à la recherche d’un agent renégat du MI6, est bien ficelé (malgré quelques moments qui s’étirent légèrement). Facile même d’imaginer les scènes d’action plus grandes que nature faisant partie d’un film ou d’une série.La présentation accentue également l’aspect cinématographique de First Light, que ce soit les éclairages époustouflants, les titres des chapitres qui apparaissent à l’écran accompagnés d’une musique orchestrale ou bien une séquence comme le tutoriel qui émule un montage d’entraînement. Cette dernière est particulièrement à couper le souffle, permettant de passer d’une scène de formation à l’autre en un clin d’œil sans perdre le rythme.Mot d’ordre : interactivitéMais, ne vous y trompez pas, c’est en étant un jeu vidéo que 007 First Light arrive à se démarquer. Si certaines missions sont linéaires, se concentrant sur le récit, d’autres sont plus ouvertes, offrant une multitude de manières de les compléter. Au fil de la vingtaine d’heures de jeu, il arrive à plusieurs reprises de se demander : « Est-ce possible d’approcher la situation comme ceci ? » Au jeu de répondre du tac au tac : « Oui. »Prenons l’exemple d’une mission au tout début de l’aventure. James Bond doit infiltrer la zone VIP d’un club londonien pour traquer une potentielle cible. D’emblée, les autres agents présents lui proposent d’utiliser les escaliers à l’extérieur du bar ou bien le balcon surplombant la piste de danse. Mais pourquoi ne pas se faire simplement passer pour un de ces VIP ? Un peu d’exploration plus tard, il est possible de découvrir qu’il faut une étampe pour y accéder et une discussion au téléphone entendue organiquement dans la foule révèle qu’un dénommé « Jones » est sur la liste, mais n’est pas encore arrivé… bingo. Pour les plus téméraires, il est tout aussi possible de s’infiltrer dans la zone des employés pour voler l’étampe.007 First Light est rempli de ces moments où l’instinct du joueur est récompensé, pour le plus grand plaisir. Une séquence d’infiltration tourne au vinaigre après avoir été repérée ? Le joueur peut décider de bluffer — moyennant l’utilisation d’une ressource qui se recharge en réalisant diverses actions — pour se sortir temporairement du trouble ou bien décider de tirer à tout va.












