Publié le 28/05/2026 09:41
Mis à jour le 28/05/2026 09:41
Temps de lecture : 4min - vidéo : 9min
Charles Berling vient présenter "C'est si simple l'amour", une pièce qu'il met en scène et dans laquelle il joue, jusqu'au 1er juillet, au théâtre de l'Atelier.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de la chronique ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Sur le plateau du 23H, mercredi 27 mai, Charles Berling est venu présenter C'est si simple l'amour, qui se joue au Théâtre de l'Atelier, jusqu'au 1er juillet. Il s'agit de la huitième mise en scène de l'homme de théâtre et de cinéma.Isabelle Layer : C'est si simple l'amour, c'est une pièce du dramaturge suédois Lars Noren. C'est l'histoire de qui, de quoi ?Charles Berling : Ça va être une soirée très arrosée de deux couples qui se font face et progressivement, on va comprendre que toutes les relations qu'ils tissent entre eux sont assez explosives. Ce sont aussi deux acteurs, Alma et Robert, respectivement joués par Bérangère Warluzel et moi-même, qui sortent de scène et qui ont invité deux amis à les rejoindre chez eux après la première. Ça parle aussi de théâtre, puisqu'ils parlent de la pièce qui vient d'être vue. C'est une tragicomédie.Lars Noren, c'est un peu la succession d'Ingmar Bergman qu'on connaît bien et c'est un immense dramaturge qui a été joué il n'y a pas longtemps à la Comédie-Française dans une pièce qui s'appelle Poussière. Il a été beaucoup joué par Jean-Louis Martinelli. On a découvert dans les années 2000 cet auteur incroyable et c'est un auteur qui fait des tragicomédies. Donc c'est à la fois très drôle et en même temps, ce sont des tragédies. Les personnages vont au bout de ce qu'ils peuvent exploiter dans leurs relations.On a l'impression que tout va bien, ce sont des couples qui vont bien. Et puis très vite, on se rend compte que vous êtes un petit peu jaloux.Lars Noren fait un théâtre que j'aime beaucoup parce qu'il regarde la réalité en face. Il prend cette réalité, mais en fait quelque chose de joyeux, de drôle. Il a beaucoup d'humour noir. En Suède, il disait lui-même : "Ce sont des situations où c'est comme une bouteille de ketchup. Vous secouez, il ne sort rien, puis d'un coup, vous enlevez le bouchon et tout est aspergé." Donc c'est un peu ça qui se passe dans la pièce. C'est ça que j'ai aimé. Mon personnage, par exemple, il est antisémite, homophobe, il est jaloux comme un pou et même misogyne. Elle a tiré le gros lot avec moi.Vous vous titillez, vous vous cherchez pendant toute cette pièce. Ça va assez loin.Il veut raconter comment ces couples peuvent se détruire. Il y a toujours aussi le rapport dominant-dominé. Alma, ma femme dans l'histoire, elle domine cet homme. Et cet homme, dans la pièce, c'est comment il va chercher à se libérer. L'autre couple qui est joué par Caroline Proust et Alain Fromager, Hedda et Jonas. Il y en a un qui est psychiatre, psychologue. Donc on voit que dans ces situations, c'est compliqué pour lui de réagir. Ça rappelle tellement de soirées ou tellement de moments dans nos vies finalement où on a un peu pété les boulons. Parce que tout s'accumule. L'auteur arrive à condenser ces zones de tension pour en faire quelque chose de très explosif.Cela amène du rire, mais les gens sont souvent aussi très bouleversés parce qu'ils reconnaissent aussi un petit peu ce qu'ils peuvent vivre en couple. Le théâtre est là aussi pour grossir les traits, pour sublimer un peu l'être humain. Mais ce que j'aime beaucoup chez cet auteur, c'est qu'il n'épargne pas ce que nous sommes, toutes et tous.Ces deux couples qui ont des relations longues. Est-ce qu'on ne va pas chercher un peu d'action pour éviter l'ennui ?C'est toujours l'envie de l'être humain d'exister, d'aller vers quelque chose de désirable, d'absolu. Personne n'a envie de renoncer à sa vie parce que tout d'un coup il se retrouve avec des habitudes un peu pesantes. Donc, au moment où ça se passe, il va avoir envie de donner un coup de pied dans la fourmilière. Et c'est exactement ce qui se passe dans la pièce. Elle est extrêmement bien écrite.Ça veut dire qu'un couple sur la longueur est condamné à se déchirer, à ne plus s'aimer ?Il est positif de dire la vérité. On n'est pas là pour enjoliver. Mais la proposition d'un grand poète comme le dramaturge Lars Noren, c'est de dire : "Regardons la réalité en face et amusons-nous avec ça." Vous encouragez les couples à aller voir cette pièce ?Oui, les couples sont enchantés de voir ça et je dirais que c'est une pièce qui marche très fort sur les jeunes parce qu'ils ont l'impression de voir leurs parents en train de s'engueuler. Et en plus, c'est une pièce où on nous a parfois dit : "Il y a beaucoup de gros mots". C'est vrai que sous l'effet de l'alcool, il y a de la familiarité aussi, quand on est chez soi.Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.















