Christine, a oublié une partie de sa vie après 16 séances d'électrochocs
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Christine pensait avoir trouvé une issue face à une dépression devenue résistante aux traitements. Après plusieurs mois d’hospitalisation, ses médecins lui proposent l’électroconvulsivothérapie, plus connue du grand public sous le nom d’électrochocs. Il s'agit d'une technique médicale dans laquelle le patient est endormi. Une stimulation électrique déclenche alors une crise d’épilepsie très courte, censée atténuée les effets de la dépression. Christine accepte, mais ce traitement va provoquer chez elle un basculement dont elle mesure encore les effets, dix ans plus tard.
Au fil des séances, Christine croit d’abord percevoir une amélioration. Puis vient le 16e rendez-vous. À son réveil, tout s’effondre : "Le néant, le trou noir", raconte-t-elle. Elle ne sait plus où elle est, ni ce qui vient de lui arriver. Surtout, elle décrit une expérience radicale, où elle en oublie jusqu'à sa propre nature : "Je ne savais même plus que j’étais un être humain", confie-t-elle.
Les médecins la rassurent alors, lui expliquant qu'il est possible de perdre momentanément la mémoire après les électrochoc. Mais très vite, Christine comprend que ces oublis dépassent largement les heures qui suivent la séance. "J’avais oublié essentiellement les personnes qui constituaient mon environnement" raconte-t-elle. Famille, amis, souvenirs autobiographiques : des pans entiers de sa vie deviennent flous ou inaccessibles. Elle dit même n’avoir "pas pu constituer son arbre généalogique" dans les jours qui ont suivi.












