C’est l’histoire d’une femme de 48 ans adressée en neurologie pour des épisodes de mouvements anormaux survenant depuis un an après l’écoute de musique romantique. Le plus récent s’est produit alors qu’elle écoutait ce type de musique : elle a d’abord pleuré, puis ressenti une sensation de chaleur dans le membre supérieur droit. Les convulsions durent généralement 45 secondes et sont suivies d’aucun souvenir de la crise (amnésie post-critique). Ces épisodes s’accompagnent d’automatismes oraux, à savoir des mouvements involontaires, répétitifs et stéréotypés de la bouche (mastication, déglutition, claquements de lèvres).

Notes de musique PIXABAY, UNDER CREATIVE COMMONS CC0 1.0

Depuis un an, elle est traitée par lamotrigine, un antiépileptique. Elle ne présente aucun antécédent de pathologie médicale ou neurologique : ni méningite, ni convulsions fébriles, ni traumatisme crânien. Elle n’a jamais fumé, ni consommé de drogues.

Un électroencéphalogramme (EEG), réalisé pendant l’écoute musicale, révèle des anomalies électriques dans le lobe temporal antérieur gauche. Une scintigraphie cérébrale (tomographie par émission monophotonique ou TEMP), effectuée entre les crises, montre une augmentation du flux sanguin (hyperperfusion) dans cette même région. Les analyses biologiques sanguines mettent en évidence la présence d’anticorps anti-GAD65, dirigés contre l’enzyme glutamate décarboxylase 65, essentielle à la synthèse du GABA (acide gamma-aminobutyrique), principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central.