Publié le 25/05/2026 09:19
Mis à jour le 25/05/2026 09:25
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Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), était l’invitée des 4V sur France 2 ce lundi 25 mai.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.France Télévisions : Vous avez été mise en examen en décembre dernier pour injure publique après avoir qualifié les patrons de "rats qui quittent le navire". Vous nous annoncez lundi 25 mai au 4V que vous êtes visée par une nouvelle procédure judiciaire. Dites-nous laquelle ?Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) : Oui, j'ai appris vendredi 22 mai que j'étais mise en examen suite au fait que j'ai dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal parce que la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique qui est utilisé pour les poêles de Tefal.Vous avez dit répression patronale violente.Tout à fait. Et c'est la réalité puisque la déléguée CGT de Tefal a eu une sanction et que nous allons la dénoncer dans les prochains jours aux prud'hommes. Et par cette procédure, finalement, Tefal confirme l'ampleur de la répression syndicale et confirme qu'elle essaie de bâillonner les syndicalistes qui s'expriment sur les conditions de travail ou l'impact environnemental des productions. C'est très grave, deux mises en examen en six mois. C'est un signal d'ensemble qui est envoyé parce que sur cette base, c'est la quasi-totalité des syndicalistes du pays qui pourraient être mis en examen. C'est grave. Donc j'alerte les parlementaires, le gouvernement à enfin mettre sur le tapis une loi pour protéger la liberté d'expression et la liberté syndicale qui aujourd'hui est en danger. On ne peut pas nous museler.Mise en examen pour diffamation, ça veut dire nuire à la réputation en affirmant des informations douteuses. Vous assumez aujourd'hui les propos que vous avez tenus ?Complètement, puisque d'ailleurs ils sont confirmés par les faits. D'abord, Tefal pratique tellement la répression syndicale qu'elle ose poursuivre la secrétaire générale de la CGT, c'est quand même une confirmation. Et ensuite, la déléguée syndicale de la CGT est poursuivie et a eu une sanction avec un avertissement qu'on va contester aux prud'hommes la semaine prochaine. Tout ça, c'est tout à fait confirmé, oui.L'actualité sociale, c'est mercredi 27 mai où se tient un nouveau comité de suivi des salaires avec notamment les organisations syndicales patronales, mais aussi le ministre. Vous réclamez avec la CFDT notamment de nouvelles négociations salariales. Le ministre vous répond : "Dans négociations annuelles, il y a 'annuelles' et donc ce n'est pas le moment", ils renvoient aux patrons. Est-ce que c'est une réponse satisfaisante selon vous au regard de l'inflation et des nouveaux défis ?Non, pas du tout. Le ministre du Travail ne peut pas se contenter de dire "circulez, il n'y a rien à voir" et de renvoyer la balle aux employeurs. Il a des responsabilités qu'il doit exercer. Nous demandons trois choses. La première chose, c'est l'indexation de tous les salaires sur les prix, l'échelle mobile des salaires, de façon à ce que les salaires augmentent automatiquement en même temps que le SMIC. La deuxième chose, c'est que le gouvernement s'est engagé il y a trois ans à sanctionner toutes les branches qui ont des minima inférieurs au SMIC. Au premier juin, ça sera le cas de 80 % des branches. Ces sanctions ne sont toujours pas là.Lui dit à ce stade 44 branches et qu'au premier janvier, si c'est démontré, il y aura des sanctions.Oui, c'est toujours ça. Il y aura peut-être des sanctions dans six mois. Donc avec ça, on peut patienter longtemps. On sait d'ores et déjà aujourd'hui qu'il y a deux tiers des Françaises et des Français qui disent qu'ils ne vont pas partir en vacances. La situation est très grave. Ce sont des millions de salariés qui sont obligés de choisir entre remplir leurs frigos et faire le plein avec un risque de récession qui guette dans le pays. Et le dernier point sur lequel nous alertons le gouvernement, c'est le salaire des fonctionnaires. L'État employeur doit être exemplaire. En l'occurrence, les fonctionnaires ont perdu 25 % de pouvoir d'achat en 20 ans. Leur salaire n'a pas été augmenté depuis des années. On a des enseignants débutants qui sont payés quasiment au niveau du SMIC au premier juin. Et pour les agents de catégorie C, par exemple, les ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles), les auxiliaires de puériculture, etc., il faudra faire 19 ans sur ce poste pour décoller du SMIC et avoir une augmentation de salaire. Vous vous rendez compte ? 19 ans sans augmentation de salaire.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité












