Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers Un vieil homme vacille. Pourra-t-il encore longtemps vivre seul chez lui ? Le premier roman empathique de Lisa Ridzen. Article réservé aux abonnés « Les grues volent vers le Sud » (Tranorna flyger söderut), de Lisa Ridzen, traduit du suédois par Catherine Renaud, La Peuplade, 432 p., 23 €, numérique 13 €. Comment trouver les mots lorsque la fin approche, alors qu’ils ont toujours manqué ? Comment dire à un fils qu’il n’a jamais cessé d’être aimé ? Est-il possible de réparer les blessures secrètes ? Bo Andersson, 89 ans, est traversé par ces questionnements depuis qu’il vit seul dans sa maison du Norrland, dans le nord de la Suède. Sa femme, Fredrika, souffrant de démence, a été placée en institution. Certains soirs, il sort le bocal en verre où il a enfermé ses foulards, afin de respirer son odeur. Chaque matin, il attend la visite de ses aides-soignantes, les coups de fil de son meilleur ami, Ture, et les rares sorties avec son chien, Sixten. Seulement voilà : Hans, son fils, veut placer l’animal dans une autre famille, estimant qu’il n’est plus capable de s’en occuper. Bo entre dans une colère noire : à quoi bon vivre si on le prive de son précieux compagnon ? Plonger les doigts dans sa fourrure, s’endormir à ses côtés, guetter le cliquetis de ses griffes sur le carrelage… La douleur d’un tel arrachement lui est inconcevable. Sa petite-fille saura peut-être faire entendre raison à Hans, espère-t-il. Doctorante en sociologie à l’université Mid Sweden et chercheuse spécialisée dans les masculinités rurales du Nord suédois, Lisa Ridzen s’est inspirée de son grand-père, avec qui elle entretenait une relation forte, pour composer Les grues volent vers le sud, son premier roman, vendu à plus de 300 000 exemplaires en Suède et déjà traduit dans 45 langues. Non-dits Ce succès tient sans doute à la grande justesse avec laquelle elle nous plonge dans les pensées de Bo, qui s’adresse intérieurement à son épouse. Pour tenter de renouer le dialogue avec leur fils, le vieillard explore ses souvenirs. Ceux de sa relation avec son propre père, un homme violent ; ceux de sa mère, douce et effacée. Il rumine, mais pour lui, qui a grandi dans la culture du silence, ouvrir son cœur n’a rien de simple. Bo tâtonne et trébuche, chagriné par les non-dits creusant un fossé entre Hans et lui. Il vous reste 31.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Les grues volent vers le Sud », un best-seller international venu de Suède, sur le thème du grand âge
Un vieil homme vacille. Pourra-t-il encore longtemps vivre seul chez lui ? Le premier roman empathique de Lisa Ridzen.








