Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Violences sexuelles Violences sexuelles Violences sexuelles Tribune Elodie Tuaillon-Hibon Avocate Les faits qui sont reprochés au chanteur illustrent les dysfonctionnements du monde du spectacle où la verticalité, la notoriété et les enjeux de pouvoir ont un poids considérable, explique l’avocate Elodie Tuaillon-Hibon, qui décrit dans une tribune au « Monde » le mécanisme de « sérialité » à l’œuvre. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le rapport parlementaire de la commission d’enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité rendu début avril a finement décrit l’organisation particulière du travail dans ce secteur : contrats précaires, mobilité géographique et isolement amical et familial, dépendance aux réseaux de relations… La notoriété y fait autorité, décuplant les mécanismes de domination à l’œuvre dans les rapports humains. Le même rapport a mis en lumière les ressorts expliquant pourquoi les violences sexuelles (et leur impunité) sont répandues dans ce milieu. Dans ce champ professionnel, la plupart des mis en cause n’exercent pas d’autorité hiérarchique directe sur les victimes. Cependant, l’autorité de fait est là, bien réelle : à la fois symbolique (ils ont du talent, ce sont des personnalités connues, pour certaines des stars avec des fan-clubs, occupant une place particulière dans l’opinion publique), politique (ce sont des représentants de la France sur la scène internationale, qui contribuent au soft power culturel et sont amenés à côtoyer des puissants) et financière (leurs prestations génèrent des profits importants dans un milieu où les subventions publiques se restreignent). Dans un domaine où les liens de subordination sont peu structurés et donc peu visibles, le pouvoir des uns se mesure d’abord aux effets qu’ils produisent sur « les autres » (ceux qui n’en ont pas ou qui en ont moins). Face à une star ou à un « monstre sacré », n’importe qui peut se sentir intimidé mais, lorsqu’on est un ou une professionnelle, on a simplement besoin de les fréquenter pour travailler. On connaît d’emblée la grammaire de la soumission qu’impose leur statut social, puisque cette grammaire nous est dictée chaque jour par le star-système ou par les « règles du métier ». Il vous reste 70.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.