Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Le Monde Afrique Le Monde Afrique La quête de la source des épidémies de fièvre hémorragique n’a pas encore livré de coupable. Faute de preuve ultime, les chauves-souris frugivores font figure de principales suspectes. Article réservé aux abonnés A chaque épidémie, la même question revient quant à son origine. Et à chaque zoonose, la question se précise : quel est l’animal réservoir ? Le Covid-19 avait sa chauve-souris rhinolophe, le hantavirus a son rat pygmée des rizières à longue queue. Pour la fièvre hémorragique Ebola, dont le dernier épisode est déjà responsable de 600 cas suspects et de 139 morts, essentiellement en République démocratique du Congo (RDC), l’affaire est un peu plus compliquée. Les publications scientifiques, les rapports des organisations internationales, les plans d’action anti-pandémie pointent tous vers les mêmes suspectes : les chauves-souris frugivores du groupe des Ptéropodidés. Ce seraient elles, ces réservoirs viraux avérés, qui maintiendraient le feu sous la marmite de pathogènes. Elles que d’autres animaux viendraient trop souvent croquer, au risque de se faire hôtes intermédiaires de la maladie. Elles encore que certaines populations locales approcheraient de trop près, et même consommeraient à l’occasion. Les formulations de scientifiques restent toutefois prudentes. « On pense que les chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés sont les hôtes naturels de l’orthoebolavirus », écrivait ainsi, en avril 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la fiche consacrée sur son site à la maladie. Une étude publiée en 2023 dans la revue Biology Letters allait encore plus loin. Avec un titre explicite : « Les preuves robustes pour faire des chauves-souris des hôtes réservoirs manquent dans la plupart des études virales africaines ». Dans cette étude, une équipe internationale de spécialistes des chiroptères a compilé quarante-deux ans de littérature scientifique, de 1978, juste après la découverte (en 1976) du virus Ebola, à 2020. En tout, 162 études portant sur les deux groupes de filovirus responsables de fièvres hémorragiques mortelles chez les humains, Marburg et Ebola, ont été passées au crible. Pour Marburg, le virus a été isolé chez les chauves-souris, sa séquence a été comparée à celle du pathogène humain (99,3 % identique), les pics infectieux chez les roussettes égyptiennes ont été rapprochés des périodes épidémiques humaines. Enfin, l’infection en laboratoire d’un animal a établi qu’il pouvait porter et transmettre le virus sans présenter de symptômes… Il vous reste 59.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.